Besonías Almeida arquitectos

Nous nous référons au paysage, considéré comme une réalité dynamique entre les êtres humains et le milieu naturel. Ce paysage témoigne de multiples échanges sur les plans environnementaux, sociaux et culturels. L’architecture s’y déploie en préservant les valeurs et le caractère de ce milieu, tout en lui permettant d’évoluer.

María Victoria Besonías est Professeur à l’Université de Buenos Aires. Son parcours professionnel lui a valu en 2012 le prix de la Chambre des Sénateurs de la Province de Buenos Aires.
Guillermo de Almeida a été Professeur associé à l’Université de Morón à Buenos Aires. Tous deux exercent l’architecture à titre libéral depuis 1975. Ils ont été invités dans plusieurs pays à présenter leurs réalisations. Leurs projets ont été publiés en Argentine et à l’étranger.

Parole à Patrick Boucheron

Lorsqu’un architecte, un historien et un philosophe parlent d’espace public, disent-ils la même chose ? Non sans doute, et la beauté des lieux n’est pas propre à apaiser leur dispute. Si l’on évoquera la calme assurance des places civiques des communes italiennes, c’est pour troubler cette évidence : l’histoire urbaine dénie aux espaces publics toute qualité architecturale autre que celle d’accueillir et d’ordonner des corps cinglants et des langages assemblés. Voici pourquoi l’on ne s’y attardera pas trop, préférant mesurer l’intensité de leur mise en puissance historique. Car le recours au passé sert, là encore, à jeter des lueurs d’intelligibilité sur un présent incertain. Ce qui le rend incertain ? Quelques confusions que l’on tâchera de dissiper, par exemple le fait que les lieux publics ne garantissent pas plus qu’ils ne promettent le déploiement d’un espace public. Cette histoire n’est pas seulement faite de formes mais de luttes, pas seulement de rassemblements mais de dispersion — car le moment éminemment politique est toujours celui où l’on se désassemble. On ne se désolera donc pas trop de ne pas partager les mêmes mots pour dire le lieu commun : c’est dans leur espacement que se situe la puissance proprement historique de l’espace public.

 

Catherine Furet

Deux voies opposées résument l’état de l’architecture et de la ville aujourd’hui. La première est celle des métropoles prises dans une concurrence mondialisée où l’espace n’est qu’une source de profit et où l’architecture ne vaut que par la séduction de l’image. La seconde est celle des périphéries toujours plus excentrées, des territoires ruraux délaissés où s’exacerbent le mal-être et la peur de l’autre.

Au nom de la rentabilité, du sécuritaire et de la révolution numérique, les nouveaux « outils de gestion » de l’urbanisme et de la construction continuent de séparer les êtres et les choses. Dans un tel contexte, c’est en reconsidérant sa vocation que l’architecture contemporaine redéfinira une position critique et sera à même de proposer des réponses. Il s’agit de restituer une valeur à la matière, et à ce que l’on appelle l’échelle. Façonner des volumes, c’est rechercher la juste mesure des choses et de leur espacement, au service de l’usage pour offrir un monde accueillant.

 

 

Thomas Bailey / Room11

Thomas Bailey a fondé l’agence Room11 après ses études à l’Université de Tasmanie et à l’Université de Lund en Suède. C’est à partir d’une lecture du paysage tasmanien que Thomas Bailey a dessiné les maisons qui ont fait sa réputation : D’Entrecasteaux House, Lighthouse, GASP!, Lookout House et Little Big House. Ces projets ont fait l’objet de nombreuses publications, notamment chez Taschen, Gestalten and Thames & Hudson.

Room11 compte a reçu douze prix de l’Institut australien d’architecture, et Thomas Bailey a été lauréat du prix Emerging Architect en 2017. Les travaux de l’agence seront exposés à la biennale de Venise en 2018.

Brigitte Shim

Les projets de Shim-Sutcliffe s’inscrivent aussi bien dans le contexte des villes denses que dans les sites naturels les plus sauvages. Ceux-ci ont permis à Brigitte Shim et Howard Sutcliffe de concevoir leurs bâtiments en fonction des puissances naturelles que sont la lumière du soleil, le climat et le lieu. Les matériaux jouent ici un rôle majeur, étant choisis pour leur capacité à témoigner agréablement de l’érosion que le temps fait subir à l’ouvrage. Satisfaire cet objectif implique de réaliser des maquettes et des prototypes en grandeur réelle, pour intégrer finement les multiples échelles des projets, depuis le meuble jusqu’au grand paysage.

Brigitte Shim et A. Howard Sutcliffe sont les principaux associées de l’agence Shim-Sutcliffe Architects. Brigitte Shim est également Professeur à la faculté d’architecture et de paysage John H. Daniels de l’Université de Toronto. L’agence Shim-Sutcliffe a reçu quatorze prix du Royal Architectural Institute of Canada ainsi que de nombreuses autres distinctions ; leur œuvre a fait l’objet de plusieurs publications et conférences à travers le monde.

L’espace public

La forme d’une ville raconte l’idée que la société se fait d’elle-même, de ses valeurs, de ses institutions et de ses modes de vie. Cette forme repose entre autres sur l’espace public, lequel mérite de ne pas être réduit à une définition juridique – ce qui n’est pas privé. Hormis les fonctions pratiques de cet espace public, que représente-t-il et que porte-t-il ?
D’où vient-il et comment s’est-il transformé au fil des siècles ? Quelles différences fondamentales peut-on relever d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre ? Comment s’est-il adossé
à l’architecture, à la géographie, aux infrastructures et au droit pour s’établir ? Est-il aujourd’hui le seul vecteur de l’urbanité contemporaine ? Appartient-il au passé, ou peut-il se réinventer ? La notion même d’espace public a-t-elle encore un sens dans les mégapoles ? Comment la religion, la justice, le pouvoir, le marché se sont-ils associés au parvis, à la place ou au boulevard autrefois, et comment les institutions et le commerce le font-elles aujourd’hui ?

De jour ou de nuit, d’un quartier à l’autre, les comportements diffèrent et le trottoir change d’aspect. C’est aussi par le dévoiement que l’espace public vit, lorsque la prostitution, les lieux de rencontre, le trafic, le campement ou la barricade instaurent leurs propres règles. Quel est son destin à l’heure des objets autocentrés, du tout numérique, de la privatisation des quartiers, des politiques sécuritaires, du divertissement, de l’excès normatif dans la gestion des flux ?

Il s’agit donc d’explorer à travers ce colloque les dimensions historique, politique, sociale, technique et esthétique de l’espace public.

 

organisé en partenariat avec le CNRS (GDRI « Savoirs artistiques et traités d’art »)

Entrée Libre et gratuite

 

Nuno Mateus, ARX Portugal – Arquitectos

« Ce qui est intéressant n’est pas tant d’écrire quelque chose de nouveau, mais d’écrire quelque chose dont la lecture ne sera jamais datée. » Nous nous reconnaissons dans cette phrase du philosophe brésilien Antonio Cicero. Nos projets ne sont pas rivés à une grammaire, ni même à un langage. Chaque situation nous inspire des figures et un langage qui lui sont propres, comme si nous repartions chaque fois d’une page blanche. Car l’invention est avant tout une expérimentation, et celle-ci ne procède d’aucun principe a priori.

Après le désintérêt général pour l’histoire propre à la globalisation, il ne fait aucun doute que la pensée du local, du singulier, de l’architecture faite avec nos intuitions et notre perception du monde occuperont à nouveau nos esprits.

Nuno Mateus est architecte diplômé la FAUTL à Lisbonne (1984), de l’Université Columbia (1987), et docteur en architecture (FAULisboa, 2013). Après avoir travaillé avec Peter Eisenman à New York de 1988 à 1991 et avec Daniel Libeskind à Berlin en 1991, il fonde l’agence ARX avec José Mateus en 1991. Parallèlement à son activité professionnelle, il enseigne depuis 2001 à l’UAL et la FAUL.

Topos Atelier de Arquitectura

Au Portugal, peut-être plus qu’ailleurs, la superposition des matrices spatiales et typologiques, dues à une longue période d’acculturation, entremêle les fragments d’une architecture populaire et érudite, d’un paysage rural savamment humanisé ou d’urbanisations récentes plus hybrides d’échelles différentes, réalisées pour la plupart sans urbanisme et sans architecture. Le territoire est morcelé, fragmenté et semble se banaliser inexorablement, malgré une production architecturale qui recèle çà et là d’exceptionnelles réalisations. Dans ces paysages, notre action s’attache à intégrer nos constructions à chaque contexte en développant un savoir-faire capable de prendre en compte, d’intégrer et de composer les fragments matériels et immatériels de ces territoires entremêlés, dans le but d’établir et de qualifier, dans un langage simple et poétique, des relations sociales et écologiques qui nous paraissent fondamentales.

Jean Pierre Porcher, né en 1955, et Maria Margarida Oliveira, née en 1959, respectivement diplômés D.P.L.G. en 1981 et 1983 à l’École d’Architecture de Nantes, ont fondé Topos atelier de arquitectura, au Portugal en 1986. Né en 1964, Albino Freitas, diplômé de l’École d’Architecture de Paris-Belleville, a rejoint l’Atelier en 1992. Leur réalisations, largement publiées et primées au Portugal comme à l’étranger, ont fait l´objet d´éditions monographiques en 2002, 2008 et 2017.

Jean Guervilly

CONFERENCE SFA HORS LES MURS – SALON ARCHITECT@WORK

Pause, demi-pause, soupir, demi-soupir, … En musique, le silence est un moment de respiration pendant lequel n’est émis aucun son. Ce temps suspendu magnifie la mélodie. Il en est de même pour l’architecture ce qui fait dire à Jean Guervilly que « C’est dans l’absence que l’on trouve la beauté. Je continuerai à faire la même chose car je recherche avant tout la justesse et la simplicité. »

Lance Herbst

Diplômés de l’Université du Cap, Lance et Nicola Herbst ont fondé l’agence Herbst architects à Auckland en 2001.

Connus pour leurs projets de maisons en Nouvelle-Zélande, Lance et Nicola Herbst en présenteront une sélection. Ces lieux de vacances ou de retraites se prêtent à l’expérimentation typologique et à la recherche d’un rapport privilégié entre l’objet bâti et le monde naturel.
Majoritairement situés sur la côte de l’île du Nord et sur les îles du golfe de Hauraki, leurs projets de villégiatures réinterprètent l’architecture de la “bach” néo-zélandaise, petite maison spartiate située en pleine nature. Certains leur ont valu des prix et de nombreuses publications à travers le monde.