L’aventure de la construction
Je m’intéresse à la manière dont les bâtiments voient le jour, au chantier, aux processus et aux détails de la construction. J’explore ainsi une proximité entre l’artefact et la fabrique, l’un étant l’indice de l’autre, de sorte que l’architecture semble « construite de manière palpable » pour emprunter l’expression de Peter Smithson.
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Conception de l’affiche : Coralie Milière – Studio Silex
Aucun traité, aucune théorie n’ont pu faire l’économie de ce qui fonde le projet architectural et urbain : faire exister un espace soustrait à la contrainte de l’extériorité, délimité, qualifié et signifiant. La construction, la décoration, le mobilier, le confort, le plan libre moderne, la densité du tissu, l’éclairement des surfaces participent de cet artefact – l’espace construit – qui organise nos faits et gestes, établit des seuils, sépare ce qui doit l’être afin de mieux cohabiter avec autrui.
Nos rues et nos places, nos habitations et nos monuments racontent une manière d’habiter le monde. De Paris à Budapest, de Barcelone à Berlin en passant par Rome, se profile le visage incertain d’une civilisation, construite autour de la raison, des sciences et des techniques. Conquis sur le terrain des empires et des guerres, ce « nous » cherche encore ce qui le fait. Il ne saurait être défini essentiellement par des traités et une libre circulation des biens, des services et des individus : il y manque une ambition culturelle, de quoi engager une idée de l’autre, du partage, de l’État, de la nature, du pouvoir et des institutions, bref, un ensemble de concepts en prise avec un cadre bâti, qui tantôt les représente, tantôt leur résiste.