■ CAB Architectes octobre 3, 2024 Cecile S’installer À Nice la mer est une abstraction. Dans ce territoire en pente, face à elle, la question de la vue est une permanence. La mer ne fait qu’un avec la lumière qui vient du sud. Elle est une matière qui modifie la perception et crée le contre-jour. Dans la recherche d’archétypes, nous avons exploré des dispositifs qui apportent la fraicheur tout en préservant la vue. Pour mettre en place la vue il faut choisir comment on va s’installer. L’installation est un moment clé du projet car elle conditionne la suite. La notion d’hospitalité se réfléchit par l’installation. On construit toujours des lieux pour accueillir des gens. La figure du cloitre répond à cette à cette attention. Elle offre un dedans intime et des vues vers le paysage. Nous sommes partis vers un autre territoire, une lumière, plus douce et un autre sol, plus calme. En partant, nous sommes quand même restés car nous avons gardé les parfums et les images qui nous avaient bercé, paysages et infrastructures, végétation rare ou luxuriante, roches calcaires souvent veinées de rouge argileux. Passant de la masse à l’ossature maigre, de l’empilement au réticulé, nous transportons un bagage, archaïque et contemporain à la fois, qui enrichit notre aventure commune. CAB Architectes – Jean-Patrice CALORI, Bita AZIMI, Marc BOTINEAU Créée en 2002 à Nice et à Paris depuis 2013, l’agence explore des territoires et des sols essentiellement au travers de projets d’équipements publics et de logements sociaux. Par la pratique et l’enseignement, CAB expérimente et approfondit les relations entre structure et paysage, entre contexte et syntaxe architecturale. ■ Lien vers l’événement facebook Conception de l’affiche : Coralie Milière – Studio Silex
Intérieurs juillet 11, 2024 Cecile Aucun traité, aucune théorie n’ont pu faire l’économie de ce qui fonde le projet architectural et urbain : faire exister un espace soustrait à la contrainte de l’extériorité, délimité, qualifié et signifiant. La construction, la décoration, le mobilier, le confort, le plan libre moderne, la densité du tissu, l’éclairement des surfaces participent de cet artefact – l’espace construit – qui organise nos faits et gestes, établit des seuils, sépare ce qui doit l’être afin de mieux cohabiter avec autrui. Du toit de nos maisons à la voûte du ciel, la notion d’intériorité est relative, et elle nous offre une clef de lecture pour définir les conditions de notre existence aussi bien physique qu’institutionnelle. À l’heure où il est question de refonder notre modèle économique pour tenter de concilier justice sociale et survie de l’écosystème, le concept d’intérieur appelle une mise à jour, ne serait-ce que pour remettre en question l’isolement de la maison individuelle et l’exiguïté des appartements, pour concevoir la hauteur des bâtiments et donner une forme à l’espace public. De la notion de milieu à celle d’habitat, des théories immersives à l’importance du verbe « s’aérer » depuis la dernière crise sanitaire, le rapport du corps à ce qui l’entoure engage une critique politique, une action écologique et une idée esthétique du monde.Qu’en est-il de cette succession d’intérieurs emboîtés qui, depuis le séjour jusqu’au parc, accueille nos usages ? Il est question ici de défendre une qualité proprement architecturale et urbaine, associant le principe de protection à celui d’ouverture, et illustrant notre besoin de partager des lieux animés aussi bien que celui de se retirer dans le silence d’une chambre. En partenariat avec le CNRS, GDRI « Savoirs artistiques et traités d’arts » En partenariat avec le Groupe d’études géopolitiques éditeur du Grand Continent
■ Virginie Brégal et Bruno Gaudin mars 21, 2024 Cecile Édifices Publics – Bâtir des pièces, penser contexte. Nous sommes convaincus que le projet prend sens par les ressources qu’il puise dans un site, une géographie, un tissu urbain, une rue… S’accrocher à quelque chose, lire une situation, permet d’échapper à la tyrannie de la normalisation, comme de sa propre usure. Aujourd’hui, allant vers cette même nécessité d’attention au monde qui nous entoure, la conscience se fait jour, à nouveau, qu’il faut faire bon usage des bâtiments dont on hérite. Simultanément, dans le même mouvement, c’est au-dedans que se joue l’essence du projet d’architecture. Il nous faut bâtir de belles pièces par leurs géométries, le juste placement des éléments qui les composent et, par-dessus tout, par le jeu exaltant de la lumière. Il faut dessiner par l’intérieur le corps de l’architecture, offrir la possibilité d’être quelque part, et non dans un espace générique. On pense alors à quelques peintres qui nous invitent à merveilleusement habiter des intérieurs et stimulent notre imaginaire. Ils sont une incitation à prendre le crayon et dessiner, encore et encore, pour explorer les possibles. Comme bien des architectes nous cherchons donc à conjuguer ces forces pour tisser l’unité d’un édifice, équilibrer les contradictions inhérentes au projet, pour reprendre un mot lumineux de Robert Venturi parlant d’Alvar Aalto. Bruno Gaudin a été associé avec Henri Gaudin et réalisé avec lui notamment le stade Charlety et le musée Guimet. À la fin des années 90, il fonde son atelier avec Virginie Brégal et, parallèlement, enseigne à l’ENSPLV. Les projets réalisés portent sur des programmes très différents, depuis des ouvrages d’art jusqu’au dessin de mobiliers. Mais la plus importante partie du travail a été consacrée au dessin d’édifices publics. Les restructurations de différents types de bâtiments ont pris une place importante au fil des années. ■ Lien vers l’événement facebook Conception de l’affiche : Coralie Milière – Studio Silex
■ Table ronde et Débat février 8, 2024 Cecile À l’occasion de la parution de Ricardo Bofill, les années françaises aux éditions Norma, Dominique Serrell et Michèle Champenois viendront présenter le livre et débattront avec François Chaslin et Jean-Pierre Duport. « Reconnu en Europe comme un créateur d’avant-garde dès les années 1970, l’architecte catalan Ricardo Bofill fut appelé sur la scène française à la suite de la destruction des Halles de Baltard, au centre de la capitale, en 1971. Invité à concourir en 1974, l’architecte proposait de renouer avec les formes historiques de l’urbanisme parisien. Au coeur d’une rivalité politique, il fut écarté en octobre 1978, après plus de trois ans de projets, par Jacques Chirac, premier maire élu de Paris, qui se déclara alors « l’architecte en chef des Halles ». Bofill et le Taller de Arquitectura joueront néanmoins un rôle de premier plan dans l’élaboration des villes nouvelles en France, de 1972 à 1985, avec des projets aussi marquants que controversés : Abraxas à Marne-la-Vallée, le Lac à Saint-Quentin-en-Yvelines, ou encore le quartier Antigone au centre de Montpellier. Véritable journal de bord, largement illustré, cet ouvrage décrit les relations étroites entre l’architecture et la politique sous les présidences de Valéry Giscard d’Estaing et de François Mitterrand, et constitue un dossier inédit sur les Halles, un chantier emblématique, couvert par une clause de confidentialité jusqu’au décès de l’architecte, en 2022. À travers les archives du Taller et les récits de témoins de l’époque, parmi lesquels Jack Lang, Jean-Jacques Aillagon, Paul Chemetov, Roland Castro, Michèle Champenois et Antoine Grumbach, l’autrice décrit la prodigieuse ascension de Bofill au rang de superstar, ainsi que l’importance de l’architecture, alors au centre du débat public. »
■ Donaghy + Dimond février 1, 2024 Cecile Habiter les seuils Nos bâtiments sont à la fois robustes et sensuels, fruits d’un jeu libre, associant des matériaux différents, peu coûteux et commodes. D’un projet à l’autre, nous avons tissé des liens entre les idées, les modèles, les contraintes du chantier et celles de l’écologie. Un bricolage savant caractérise l’œuvre de notre agence fondée à Dublin en 2001. Nous composons en associant librement des matériaux, des cultures locales et d’autres venues d’ailleurs, nous explorons comment les matériaux absorbent la lumière, recueillent la chaleur, reflètent le son, tempèrent l’air autour de nous, et leur cycle de vie. Nous considérons l’enveloppe du bâtiment non pas comme frontière mince, mais comme un champ élargi, fait de microclimats et d’écotones imbriqués, où chaque partie abrite, expose ou relie une autre, notamment entre le jardin et la cheminée, ou entre la la porte d’une école et une salle de classe surplombant la cime des arbres. À nos yeux, la dimension constructive implique davantage qu’une enveloppe autour d’un structure : il s’agit d’organiser des bords habitables, reliant les pièces et le sol, les rues et les jardins, enveloppant le quotidien dans la profondeur même des espaces. C’est dans cet esprit que nous nous intéressons également au paysage : qu’il soit hérité, emprunté, construit, régénéré, il permet de situer un projet dans l’espace et dans le temps. Conception de l’affiche : Studio Silex – Coralie Milière —
■ Jean et Aline Harari janvier 11, 2024 Cecile Types, Formes, Contexte – l’habitation au cœur de l’architecture Depuis le milieu des années 80, notre travail se partage entre équipements publics et logements sociaux. La question de l’habitation étant au cœur de notre réflexion et de notre action, nous parlerons de son actualité, des difficultés rencontrées, de la continuité de notre démarche et de notre méthode. Nous nous situons loin des effets de mode, des images saisissantes, des engouements et des gesticulations dépourvues de sens. Notre recherche porte sur l’héritage historique et la longue durée de l’architecture, l’actualisation des types, leurs rapports problématiques aux formes urbaines, les contextes chaque fois différents dans lesquels ils adviennent. Nos efforts convergent aussi pour valoriser le logement social, afin qu’il reconquiert toute sa dignité et démontre sa supériorité sur les divers produits promotionnels qui tendent à faire de ce pays un illusoire paradis de propriétaires. À cet égard nous reviendrons sur la dimension constructive de l’architecture, gage de sa pérennité et de ses valeurs d’usage. Notre engagement se reconnaît dans un propos d’Adolf Loos, qui reste à méditer : « L’artiste n’est responsable envers personne. L’architecte est responsable envers tout le monde. L’architecture ne serait pas un art ? Oui, c’est ainsi. Il n’y a qu’une faible partie du travail de l’architecte qui soit du domaine des Beaux-Arts : le tombeau et le monument commémoratif. Tout le reste, tout ce qui est utile, tout ce qui répond à un besoin, doit être retranché de l’art ». Conception de l’affiche : Studio Silex – Coralie Milière __ Architectes diplômés d’UP6 en 1979, Aline et Jean Harari ouvrent leur agence en 1986, après avoir collaboré avec Patrick Bouchain à partir de 1981. De 1989 à 1997 Jean Harari est directeur des études de l’Atelier Public d’Architecture et d’Urbanisme de Blois où il réalise l’antenne universitaire François Rabelais et la Bibliothèque Abbé Grégoire (labélisée Patrimoine du XXe siècle en 2017). De 1997 à 2017, il enseigne le projet urbain à l’ENSAPLV. Au cours de cette période, Aline Harari poursuit l’activité de leur agence à Paris. À ce jour, ils ont conçu et conduit une quarantaine d’opérations, dont une quinzaine d’équipements publics. __
■ Jean-Marc Weil octobre 5, 2023 Cecile Qu’est devenue « l’idée constructive » de Jean Prouvé ? Près de 40 ans ont passé depuis la mort de Jean Prouvé, au cours desquels les conditions du projet architectural ont profondément évolué. Pourtant, ses réflexions sur le sens architectural de la solution technique – qui s’inscrivent dans la tradition des Modernes – restent d’une grande actualité, bien que le problème des choix constructifs se soit profondément élargi depuis l’arrivée de nouveaux paramètres. En m’appuyant sur l’œuvre et les cours de Prouvé au Conservatoire National des Arts et Métiers, je proposerai ici une relecture de ce qu’il appelait la quête de « l’idée constructive », et l’illustrerai avec des projets récents. Conception de l’affiche : Studio Silex – Coralie Milière
Parole à Jean Christophe Bailly septembre 21, 2023 Cecile Ni l’optimisme du chantier tel qu’il est figuré dans le jeu de poutrelles des Constructeurs de Fernand Léger, ni la vision onirique de La Ville entière de Max Ernst, œuvres du siècle dernier, ne seraient possibles aujourd’hui. La ville, et avec elle l’architecture sont passées ailleurs, mais où, elles ne le savent pas. Si le sacro-saint projet maintient son idéalité comme si de rien n’était, le monde où il atterrit ne répond plus. Composite, à la fois alvéolaire et saturé, oppressé par la quantité quand il n’est pas dévasté, le contexte échappe à la saisie et s’évapore. Face aux enjeux d’un univers en crise qui semble voué à la désappropriation, il serait grand temps d’abandonner les prouesses d’une architecture hantée par la proclamation de son génie et d’inventer des logiques et des pratiques d’articulation et de réparation, tout entières tendues par la vision critique d’un espace qui ne serait plus à conquérir mais à sauver.
Le rêve européen, idées de l’architecture et de la ville juin 23, 2023 Cecile Nos rues et nos places, nos habitations et nos monuments racontent une manière d’habiter le monde. De Paris à Budapest, de Barcelone à Berlin en passant par Rome, se profile le visage incertain d’une civilisation, construite autour de la raison, des sciences et des techniques. Conquis sur le terrain des empires et des guerres, ce « nous » cherche encore ce qui le fait. Il ne saurait être défini essentiellement par des traités et une libre circulation des biens, des services et des individus : il y manque une ambition culturelle, de quoi engager une idée de l’autre, du partage, de l’État, de la nature, du pouvoir et des institutions, bref, un ensemble de concepts en prise avec un cadre bâti, qui tantôt les représente, tantôt leur résiste. S’il existe un dénominateur commun des grandes cités européennes, que signifie-t-il et comment se reconnaissent des parentés ? Quel rapport au passé, à la modernité et à l’universalité entretient-on dans les arts ? Comment le projet architectural et urbain peut-il entretenir le cosmopolitisme sans céder à une mondialisation uniformisante ? Comment saura-t-il défendre la singularité des lieux sans donner prise aux replis identitaires ? D’ailleurs, l’architecture et les usages qu’elle abrite peuvent-ils aider à situer les bornes du Vieux Continent, quelque part entre l’Atlantique et l’Asie ? Quel est le poids de la géographie dans la représentation des sociétés à l’heure de la virtualisation des échanges ? Ce qui divisait l’Europe jadis peine à devenir ce qui l’unit aujourd’hui, si l’on fait exception des tragédies. Les mythes restent fidèles aux nations. Or il y a bien un miracle européen, qui n’a rien à envier au rêve américain : il y aurait une manière de partager, de célébrer, de gouverner, de s’opposer et de tolérer qui nous caractérise, que l’on reconnaît dans nos façons de nous loger, d’occuper l’espace public, de s’espacer, de se divertir et de s’émouvoir. Nos villes affichent les signes des différences entre les populations, tout en trahissant quelque chose qui leur est commun. La densité, la place des arbres, les terrasses de café, les paysages et les campagnes sont, dans cette partie du monde, les témoins d’une histoire plurielle qui nous oblige. Elle nous offre les moyens de vaincre les dangers politiques, sociétaux et écologiques de demain. En partenariat avec le CNRS, Savoirs artistiques et traités d’arts
■ Drew Heath février 23, 2023 Cecile Tout en détails Diplômé de l’Université de Tasmanie en 1993, Drew Heath a travaillé pour Sam Marshall jusqu’à la fondation de l’agence Drew Heath Architects à Sydney en 1996. Il a reçu depuis lors de très nombreux prix pour ses réalisations, notamment les maisons Cypress, Tir na nog et Nikki Maloneys.