Emre Arolat

Fondé en 2004 à Istanbul par Emre Arolat and Gonca Paflolar, l’atelier Emre Arolat Architects a pris le relais de l’atelier Arolat Architects, qui depuis 1961 avait à son actif de nombreux projets d’ habitations, d’équipements de tourisme, de centres de sport et de loisirs, ainsi que des édifices administratifs. L’équipe de Emre Arolat Architects a été sélectionnée parmi les finalistes du prix européen Mies van der Rohe en 2005 pour le projet du musée Minicity d’Antalya (Turquie). Les projets de Minicity et de l’aéroport international Dalaman à Mugla (Turquie) leur ont valu des mentions au prix Architectural Review pour la nouvelle architecture de 2006. Elle est par ailleurs lauréate du prix Cityscape Dubai Special Award de 2008, pour le projet du schéma directeur Zorlu center, à Istanbul.

Han Tümertekin

Han Tümertekin a étudié l’architecture à la l’Université Technique d’Istanbul, et la réhabilitation des édifices anciens à l’Université d’Istanbul. Il dirige depuis 1986 l’atelier Mimarlar Tasarim Danismanlik, dont la plupart des réalisations – logements, institutions, espaces commerciaux – sont en Turquie, mais certaines aux Pays-Bas, au Japon, au Canada, au Royaume-Uni et en France. Il enseigne depuis 1992, et est intervenu notamment à l’Université Technique de Delft, à la 6e MAAN International conférence de Tokyo, et au symposium international d’architecture de Zagreb, ainsi qu’à l’université de Harvard…

Laurent Salomon

Notre époque se caractérise par une étouffante propension à la normalisation. Celle-ci ne relève pas de standards de production visant une forme de progrès, elle est la conséquence d’un projet des castes dirigeantes : l’unification du marché. Celle-ci affecte l’organisation économique et sociale mais aussi la pensée elle-même, une pensée que les différentes formes de pouvoir cherchent à calibrer à son service.
Enseigner, projeter et construire constituent autant de responsabilités incompatibles avec cette unification. Pour résister à sa propre normalisation, l’être social n’a de cesse de défricher l’espace dont il dispose pour y aménager celui de SA liberté, parfois à côté, mais aussi contre les mécanismes soutenus ou développés par la « machine » politique …

Les espaces déterritorialisés

Le colloque fait suite aux deux colloques intitulés « La Ruine et le geste architectural », et « Tours et détours », organisés par la Société Française des Architectes en 2007 et 2008.

Ces deux colloques ont amorcé une analyse du geste architectural et de ses représentations symboliques.

Le troisième colloque de ce cycle entend prolonger cette réflexion en s’intéressant aux territoires déterritorialisés en passe de devenir un des nouveaux enjeux de l’architecture actuelle. Trois axes d’étude seront privilégiés afin de prendre en compte l’évolution diachronique et synchronique de ces espaces et la manière dont la littérature en rend compte.

Barclay & Crousse

Fortement inspirés par leurs voyages et par leurs différentes expériences professionnelles, leur architecture est empreinte d’une évidence dans la résolution du projet, profondément ancré dans le paysage, qu’il soit le désert péruvien ou le périphérique parisien. Récompensés à plusieurs occasions, notamment deux fois par la revue anglaise Architectural Review en 2001 et 2003 et le prix à la meilleure œuvre à la 4ème Biennale Ibéroaméricaine en 2004, ils poursuivent aujourd’hui leur activité au sein du collectif Atelier Nord Sud, réalisant des projets localisés la plupart au Pérou et en France, mais aussi en Afrique et en Asie.

Alexia Leon

Diplômée de l’université Ricardo Palma à Lima en 1992, Alexia León a fondé son propre atelier Leondelima en 1996. Ses travaux portent essentiellement sur le désert de la côte péruvienne, où elle a conçu et réalisé la plupart de ses projets, parmi lesquels on compte plusieurs maisons à Lima, une maison en bord de mer au nord du Pérou, un ensemble de logements collectifs à Lurin, et une maison dans le désert d’Ordos (partie Mongole de la Chine).
Alexia León a enseigné en Amérique du Sud, en Europe et aux Etats-Unis où elle a notamment eu la charge d’un studio à Harvard. Residente du MAK center for art and architecture en 2009, elle prépare son livre Desert density, fruit de de 15 années de recherche sur le désert et les structures urbaines.

Mike Davis

A la veille d’une urgence mondiale sans précédent, alors que les températures, le prix du pétrole et des aliments, la population des bidonvilles et la violence urbaine croissent tous à l’unisson, la pratique architecturale dominante (mainstream) n’a jamais semblé aussi blasée, aussi autoréférentielle, et aussi moralement déplacée. De fait, le milieu des célébrités architecturales ressemble de plus en plus à un culte apocalyptique, adorant les hyperboles socio-économiques et l’architecture in-soutenable de Dubaï et de Las Vegas. Sur une planète où plus de deux milliards d’individus subsistent avec moins de deux euros par jour, ces mondes chimériques encouragent des désirs …

Francesco Venezia

A travers ses réalisations et ses projets, Francesco Venezia expose sa vision de la condition du travail de l’architecte : rendre compatible l’aptitude à la lenteur – la stratification, l’accumulation d’idées, le rapport à la tradition – et celle de la rapidité – le temps brûlant du choix à la rencontre de l’opportunité.
Francesco Venezia est né à Lauro (Italie) en 1944. En 1970 il a été diplômé en architecture à Naples, où il a installé aussitôt son agence. Dès 1986, il a été professeur titulaire de composition architecturale, enseignant d’abord à Gênes, puis à Venise à partir de 1993…

Le projet en questions

Ce colloque réunissant, dans le cadre de la SFA, avec le soutien du CNRS, architectes praticiens et enseignants du projet, historiens, philosophes ou ingénieurs, s’organise autour de trois axes de réflexion :

1. Tandis que le développement des « spécialisations » en architecture tend à effacer les repères, on est en droit de se demander : que sait-on du projet ? Ce colloque propose donc, en premier lieu, de définir cet objet de pensée particulier qu’on appelle le « projet ». Est-ce la préfiguration d’une réalité construite, une méthodologie de conception appliquée aux bâtiments, ou bien est-ce autre chose ? Peut-on envisager une définition générale du projet par delà les différentes expressions architecturales ?
Ce champ de réflexion recoupe la question de la réussite du « fait architectural », qu’il s’agira d’élucider en s’appuyant sur des cas précis permettant de faire la part entre la « valeur projet » et la « valeur édifice ».

2. Le rapport du projet à ce qui l’entoure :
a. L’enseignement du projet.
Quel est le poids du projet dans le contexte français actuel des études d’architecture ? Les enseignants du projet pourraient intervenir sur cette question déterminante pour l’avenir de la discipline.
b. La portée du projet.
Il s’agira ici de débattre des conditions de possibilité du projet dans le système de production du bâti auquel il est contraint de se plier. Le projet peut-il s’inventer comme manière d’agir sur le réel au sein des procédures de production en vigueur dans nos sociétés ?
c. Le statut du projet.
L’empire de l’image et la mort du projet : l’aliénation du geste architectural sous le joug des mouvements médiatiques et financiers, fait appel au devoir de critique au sein de la profession. Il sera également question d’interroger les conséquences de la transformation des outils de communication au cours des 15 dernières années, sur l’architecture et sur le projet.

3. Le projet est-il l’objet privilégié de l’architecture ? Son rôle est-il de penser l’architecture, ou bien est-il un instrument au service d’une représentation sociale ? Cette distinction, outre le fait qu’elle permet de situer deux grands courants hérités du XXe siècle, pose la question de l’autonomie et de la portée du projet. Dans un cas, le projet est l’expérience d’une recherche heuristique, se situant sur un plan parallèle aux pratiques artistiques, techniques et scientifiques. Dans l’autre, il se présente davantage comme la traduction, dans le cadre bâti, des rationalités économiques et techniques d’un moment de la société.