Gonçalo Byrne

Bien plus qu’un simple palier dans le cours du temps, la contemporanéité est la condition même du projet. La permanence demeure la condition même de l’architecture, mais c’est la vulnérabilité du monde bâti qui déclenche le besoin d’un projet, un projet qui traverse nécessairement un premier âge, passager, avant d’enchaîner sur le temps long de la ville et du paysage.
La vie du bâtiment – et aussi de la ville – dépend de sa condition de « conteneur de vie ». En ce sens, chaque projet a sa propre histoire.

Architecture, Littérature et Enfance

Ce colloque ouvre un nouveau cycle de trois colloques interdisciplinaires, qui s’organise autour d’une thématique anthropologique, symbolique et esthétique, au siège de la Société Française des Architectes, à Paris. Nous y aborderons l’architecture comme l’art de disposer des formes en fonction des âges du corps. L’étude de l’architecture dans ses rapports avec les âges du corps s’accompagnera de l’analyse des genres littéraires qui les explorent. On s’intéressera plus particulièrement lors de ce premier colloque à l’impact de l’enfance sur l’architecture et au rôle que joue l’architecture dans la formation de la conscience de soi. Pour tenter de répondre à cette double problématique trois orientations seront privilégiées :

L’anthropomorphisme en question

La construction architecturale lorsqu’elle est envisagée en termes de géométrie pure, de structure, d’équilibre de formes prend le corps humain comme mesure. Le corps est, en effet, un des modèles analogiques, métonymiques, imaginaires et réels de l’architecture, depuis l’antiquité (Vitruve, Alberti, Filarète…) jusqu’au XXIe siècle, au point de devenir une abstraction autour de laquelle l’architecture se bâtit. L’anthropomorphisme de l’architecture ne se limite pas à la prise en compte anthropométrique des proportions humaines. Les développements de la science médicale, de la biologie et de la psychanalyse ont favorisé l’usage de cette analogie au XXe et au XXIe siècle jusqu’à en faire une des clés de toutes les analogies en architecture. La métaphore des âges est utilisée pour évoquer l’évolution des formes architecturales, leur reproduction ou leur déconstruction. Pourtant, si les âges de la vie sont bien l’un des paradigmes de la pensée de l’architecture, ils restent encore son impensé quand il s’agit de s’aventurer au-delà de la symbolique corporelle. On s’intéressera plus particulièrement, lors de ce premier colloque, à l’impact du corps de l’enfant sur les formes constructives ainsi qu’à la perception de ce corps par l’architecture (rapports fort/da, plein/vide, forme/fonction, structure, principes…).

Souvenirs d’enfance, imaginaires et utopies architecturales

L’enfance peut-elle être considérée comme le lieu originel de l’utopie architecturale ? Quel rôle joue le mythe de l’enfance dans l’expérience architecturale ? Quelle peut être sa valeur épistémologique pour comprendre l’architecture ? Quelle est la part de l’architecture dans les récits d’enfance et de jeunesse ? Quelle représentation en est proposée ? Dans quelle mesure est-elle porteuse d’un être au monde particulier ? L’architecture offre un espace à l’imaginaire, aux rêves et aux fantasmes. Elle n’est pas seulement inventive, elle joue un rôle initiatique qui reste à analyser. Les autobiographies et les manifestes des architectes seront étudiés pour comprendre le processus de leur propre formation.

L’enfance participe-t-elle à un réenchantement des formes architecturales (proportions, couleurs, matières, volumes, lumières…) ? Quels rôles jouent les oppositions intérieur/extérieur, ouvert/fermé, solide/flexible… dans la perception de l’architecture ? On s’intéressera aux récits d’enfance mais aussi aux textes paralittéraires qui mettent en scène des utopies architecturales ainsi qu’aux autres productions avant-gardistes.

Esthétiques architecturales et poétiques littéraires

L’architecture ne peut être comprise sans prendre en compte à la fois celui qui la fabrique, qui l’habite et la « reçoit ». Le processus architectural peut s’apparenter à la forme littéraire du conte (V. Propp), comme récit légendaire, initiatique ou récit d’anticipation. Dans quelle mesure le projet architectural peut-il être envisagé comme « un conte architectural » ? Quel est le sens de cette analogie pour l’architecte ? Dans quelle mesure le conte peut-il permettre de saisir les intentions narratives de l’architecture ? Comment l’architecture intègre-t-elle les éléments du conte (progression, transformation, distorsion, substitution…) ? Selon quel dispositif (réaliste/merveilleux, sérieux/fantaisiste…) ? On s’attachera à préciser le sens de cette notion, à en apprécier la dimension heuristique à travers l’étude de la diversité des productions architecturales (maquettes, projections virtuelles, scénarii, réalisations…) afin de comprendre ce qui produit une architecture.

F. Nieto et E. Sobejano

L’atelier Nieto Sobejano a remporté de nombreux prix nationaux et internationaux pour ses réalisations, notamment pour l’extension du Musée d’art Moritzburg à Halle, le Palais des congrès d’Aragon à Saragosse, ainsi que celui de Mérida (Espagne).
Ces distinctions leurs ont valu d’être largement publiés et de participer à des expositions telles que On site : New Architecture in Spain au MoMa (New York) en 2006, ou encore Logement, matière de nos villes au Pavillon de l’Arsenal (Paris) en 2007

Antoine Picon

En une dizaine d’années, l’ordinateur a profondément transformé les conditions d’exercice de la profession d’architecte. Plus généralement, l’avènement de la culture numérique tend à bousculer toute une série de dimensions de la théorie et de la pratique architecturale. Les notions d’échelle et de structure ont par exemple perdu une partie de leur importance, tandis que l’on assiste à un retour de l’ornementation quelque peu paradoxal. A l’occasion de la sortie de son dernier livre, Culture numérique et architecture : une Introduction, Antoine Picon évoquera différents aspects de cet ébranlement de la discipline architecturale avant de s’interroger sur les évolutions auxquelles il est susceptible de conduire.

Hommage à Michel Kagan

18h00 Inauguration de l’exposition « Michel Kagan – dessins et photos de l’oeuvre »
Exposition du 12 mai au 25 juin 2010, du lundi au vendredi, de 10h à 12h et de 14h à 17h

19h00 Introduction de la soirée par Franco Purini « La construction du talent »

Table ronde sur « L’avenir de l’architecture savante » avec : Ilaria Valente, Polytechnique de Milan – Sergio Crotti, Polytechnique de Milan – Pierre Alain Croset, Polytechnique de Turin – Nikos Ktenas, Ecole de Mendrisio – John Loomis, School of Art and Design et San José State University – Pablo Katz,Président de la Société Française des Architectes – Laurent Salomon, Président d’honneur de la Société Française des Architectes

Hommage à Michel W.Kagan

“Je ne me présente pas aux étudiants en tant que professeur, je me présente toujours en tant qu’architecte, même si ma pédagogie est extrêmement didactique.“ Michel Kagan

Michel Kagan, Architecte et Professeur, est décédé prématurément le 27 décembre 2009. Auteur d’une architecture lumineuse et enseignant au parcours international passionnant, il est une figure majeure d’un courant issu du mouvement moderne, en quête d’une harmonie entre invention et permanence. Enseigner, signifie pour Michel Kagan, non adhérer à telle ou telle doctrine, mais maintenir un constant dialogue avec soi-même, être « deux en un ».
L’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville, organise une rencontre autour de sa personnalité. Son objectif est d’explorer, au travers de l’évocation d’expériences communes avec d’autres enseignants et architectes, les relations entre son oeuvre, sa pensée théorique, et son activité pédagogique. Cette réunion sera accompagnée d’une exposition mettant en parallèle son travail de pédagogue et sa production architecturale, sa « pratique théorique ».
Cette rencontre au sein de l’école de Paris-Belleville sera suivie d’une conférence puis d’une table-ronde à la Société Française des Architectes. Cette table-ronde, portera sur les perspectives de la discipline architecturale dans la période contemporaine, en résonnance avec la position éthique de Michel Kagan, et aura lieu au siège de la Société, où sera inaugurée une exposition de dessins et photos de ses oeuvres.

Sous le haut patronage d’Ann-José Arlot,Conseillère du Ministre de la Culture et de la Communication pour l’Architecture et le Grand Paris
Jean Pierre Bobenriether,Directeur de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville
Jean Philippe Garric,Président du conseil d’administration
ont le plaisir de vous inviter à l’hommage à Michel W. Kagan
être et transmettre

10 mai 2010, Rencontres à l’ENSA Paris-Belleville

Modérateur : Laurent Salomon, architecte et enseignant à l’ENSAPB

14h00 Propos d’hommage par Ann-José Arlot

14h20 Edith Girard, architecte et professeur à l’ENSA Paris-Belleville
et Cyrille Faivre-Aublin (Paris), architecte, enseignant à l’ENSA Marseille et enseignant invité à l’ENSA Paris-Belleville

14h40 John Loomis (San Fransisco), architecte, professeur et directeur de l’Ecole d’Art et de Design, Université de l’Etat de San José, San Fransisco et Kenneth Frampton (New-York), architecte, professeur à l’Université de Columbia, NY (sous réserve) avec la participation de Pascal Quintard Hofstein (Paris), architecte, enseignant à l’ENSAPLV

15h00 Georges Adamczyk (Montréal), architecte, professeur,ancien directeur de l’Ecole d’Architecture de l’Université de Montréal

15h20 Sergio Crotti et Ilaria Valente (Milan), architectes, professeurs à l’Ecole Polytechnique de Milan

15h40 Pause

16h00 Nathalie Régnier-Kagan (Paris), architecte associée de Michel W. Kagan, enseignante à l’ENSA Paris – Val de Seine

16h20 Pierre-Alain Croset (Turin), architecte, professeur à l’Ecole Polytechnique
de Turin

16h40 Nikos Ktenas (Athènes), architecte, professeur invité à l’Académie d’Architecture de Mendrisio

17h00 Hervé Dubois (Paris), architecte, enseignant à l’ENSA Marseille, Miguel Macian architecte, enseignant à l’ENSA de Nantes,Jean Mas (Paris), architecte, enseignant à l’ENSA Paris Val de Seine

17h20 Jea-Heon Jeong (Séoul), architecte, professeur, à l’Université de Kyunghee, Corée

17h40 Jean-Louis Cohen, (Paris), architecte, historien, professeur à l’Université de New-York

18h00 Jean-Pierre Duport, Président de la Fondation Le Corbusier Echanges et débats avec la salle

18h30 Vernissage de l’exposition “être et transmettre“, cocktail

10 mai – 31 mai 2010, Exposition à l’ENSA Paris-Belleville

Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville
60 boulevard de la Villette
75019 Paris
www.paris-belleville.archi.fr
Amphithéâtre Bernard Huet
Entrée libre dans la limite des places disponibles
Renseignements : marion.merliaud@paris-belleville.archi.fr