Architecture et Littérature Contemporaines

1 – LITTÉRATURE / PROJET ARCHITECTURAL
À l’inverse, dans quelle mesure la littérature contemporaine peut-elle être à l’origine d’un projet architectural et lui donner sens ? Ce n’est pas seulement la question de la genèse du projet et de sa réalisation qui est posée, c’est aussi celle de sa conception et de la mise en œuvre de ses dispositifs propres. En quoi la démarche littéraire est-elle un projet herméneutique susceptible d’éclairer des perspectives architecturales ?

2 – LES MODALITÉS DE L’HABITÉ
L’architecte élabore un espace de possibles imaginés et réels, bâtit des lieux de séjour et de passage au service de l’habité. L’architecture crée des espaces à vivre dont la représentation littéraire nous permet de mesurer l’habitabilité. La littérature n’est-elle pas une façon d’habiter l’espace architecturé ? Les questions de la représentation et de la création littéraire, de la spatialisation et de la temporalité, celles des origines de la littérature et de notre rapport originel au monde, de la possibilité et de l’impossibilité d’ « habiter « la littérature ou l’espace sont également posées. La littérature, l’architecture, la sémiotique, la psychanalyse ainsi que d’autres discours, le management par exemple, pourront être convoqués de façon complémentaire ou croisée pour nourrir la réflexion sur les modalités de l’habité dans/à travers la littérature.

3 – ARCHITECTURE / ESTHÉTIQUE LITTÉRAIRE
L’architecture contemporaine peut-elle être considérée comme source et modèle de la littérature? Dans quelle mesure l’espace littéraire s’est-il approprié son langage et ses codes ? En quoi les codes architecturaux contemporains ont-ils influencé l’esthétique littéraire ? L’utilisation de l’architecture par la littérature contemporaine suppose un travail d’adaptation, de transformation et de codification. Comment le décalage entre les référents architecturaux et la forme littéraire est-il exprimé ? En d’autres termes, comment les écrivains ont-ils tenté de résoudre les problèmes de configuration, de surface, de volumes, de plans… Pour dire l’espace contemporain, ils ont mis en cause les topoï architecturaux et l’esthétique de la représentation. Quels sont les enjeux structuraux, fictionnels, poétiques, symboliques… de cette déconstruction et ré-appropriation par la littérature « postmoderne» ? La question du « postmoderne « peut offrir l’opportunité d’une réflexion épistémologique sur le transfert analogique d’une notion dans un autre champ d’étude pour rendre compte d’un nouvel espace.

Architecture, Littérature et Espaces

L’architecte et l’écrivain travaillent séparément à bâtir un espace socio-culturel complexe. Quels enseignements ce point de convergence peut-il nous donner sur leur façon de créer l’espace et de le représenter ? Ainsi dans une perspective à la fois transdisciplinaire et diachronique, nous tenterons d’évaluer les relations entre littérature et architecture.L’objet du colloque est de susciter une réflexion sur les diverses formes de spatialisation autour de quatre axes principaux.

1/ ARCHITECTURE ET LANGAGE : INTERACTIONS.

a) L’architecture peut-être envisagée comme une métaphore susceptible de rendre compte de l’oeuvre littéraire. Dans quelle mesure le discours architectural alimente-t-il la représentation littéraire ? Les notions architecturales de structure, de plan, de pli, de stri… ont également pris place dans le vocabulaire critique contemporain, héritage du (post)structuralisme et du développement des sciences humaines : Barthes, Deleuze, entre autres… Quelle est la contribution du langage architectural au discours critique contemporain ?

b) les ouvrages d’architecture utilisent aussi un vocabulaire poétique. Quel rôle joue le langage littéraire dans les traités d’architecture ?

2/ LA MISE EN ESPACE DU TEXTE : il existe une spatialité propre à la littérature à la fois espace textuel et imaginaire. L’exploitation des espaces typographiques, des supports (de la page à l’hypertexte), des jeux iconographiques permet d’opérer une mise en espace du texte et de l’écriture.

3/ ARCHITECTURE ET ESTHÉTIQUES CONTEMPORAINES : LE RÔLE DES AVANT-GARDES ESTHÉTIQUES DU XXème SIÈCLE dans la (dé)construction de l’espace et l’exploration de nouvelles formes de représentation : futurisme, constructivisme, hyperréalisme, minimalisme…

4/ AUTRES PERSPECTIVES CRITIQUES : L’architecture a favorisé l’émergence de nouvelles voies critiques : sémiotique de l’espace, géocritique…
Quelles en sont les enjeux, les lignes de force et les perspectives ?

Le moment contemporain de la fabrique du paysage

Inscrit dans le programme de l’équipe associée au Collège International de Philosophie pour le programme « Le moment contemporain de la fabrique des paysages », ce séminaire consistera à tester et à élaborer les termes d’un polemos, anthropologique, agissant les formes, expressions et arts contemporains des lieux. Ce combat se polarise entre un modèle platonicien, sphérique, continental, dominé par un oeil, impérial(iste) et apollinien, aujourd’hui fracturé, dont la limite limitante, le trait, est dessinée par l’art du jardin, et un modèle non sphérique de l’engendrement des formes, la gourde, un modèle qui relèverait plus de l’archipel, du voyage d’un regard dédalique (plutôt qu’icarien) dont le « jardin japonais » offrirait un prototype et les recherches plastiques contemporaines de l’art et de l’architecture, le laboratoire.

On considérera donc la définition, classique, du jardin comme microcosme, jardin-monde, dans le maximum de son amplitude et de ses effets, comme un concept opératoire, un outil de lecture d’une série de strates dans lesquelles nous sommes pris et que nous produisons à l’échelle de la planète et de la mondialisation, cosmo-plastie de la fabrique du monde contemporain.

13 mars, Philippe Nys, maître de conférences université de Paris VIII (ufr arts plastiques)
27 mars, Minato Chihiro, professeur à l’Université Tama, Tokyo, anthropologie des arts visuels
3 avril, Philippe Nys
15 mai, Shigemori Mitsuaki, artiste, projet « Shima », Kyoto
22 mai, Shiina Ryosuké, professeur à Doshisha, Kyoto, département de musique
5 juin, Uemara Hiroshi, professeur à la Kyoto School of Art and Design, Kyoto, département d’histoire
12 juin, Anzaï Shin-ichi, professeur à l’université de Hiroshima, département des arts et des sciences
19 juin, Philippe Nys