Les territoires du Temps mai 25, 2013 DCjM4lBptU Leave a Comment on Les territoires du Temps En quoi le temps permet-il de penser l’espace ? La première notion apparaît comme le symétrique de la seconde : l’une s’impose à l’esprit aussitôt que l’autre est convoquée. On ne saurait penser l’espace sans inclure le temps. Les grands âges de l’architecture et de la ville ont engagé à chaque fois un rapport au temps spécifique : à la Renaissance, on utilise le point de vue historique – l’Antiquité – au service de l’invention du présent ; l’Ecole des Beaux-Arts, elle, placera le principe d’imitation et de répétition au coeur de l’enseignement ; les avant-gardes et le Mouvement moderne se fonderont sur une dynamique de nouveauté. L’idée même de « projet », à savoir l’anticipation d’une réalité, est d’essence temporelle. Dans l’architecture contemporaine, c’est la question de la place de l’histoire et, plus généralement, le sens du legs qui doit être posée. Aujourd’hui on parle beaucoup du « durable » alors que règne l’éphémère, on parle non moins souvent de responsabilité à l’égard des générations futures. Tout cela reste vague tant que l’on ne comprend pas le rapport au temps que les hommes entretiennent à travers leurs productions, et en particulier leur production architecturale. La notion de temps est susceptible d’être interrogée sous des angles très différents : la lenteur du travail de conception, la temporalité des résultats attendus dans le réel (notamment dans les projets de paysage ou d’urbanisme), la durée de la formation d’un architecte, la promenade architecturale, mais aussi l’inscription dans l’Histoire, etc. Cette liste de thèmes, loin d’être limitative, donne la mesure des sujets susceptibles de rendre ce colloque aussi riche que possible.
Architecture et Politique juin 1, 2012 DCjM4lBptU Leave a Comment on Architecture et Politique Que peut l’architecture ? Qu’en est-il du projet architectural et urbain comme moyen de transformation du monde ? Qu’en est-il de l’architecture comme objet d’intérêt public, et de son rôle dans les processus de transformation sociale ? A quel degré l’architecture participe-t-elle encore de la planification du réel ? Ces questions nous conduisent à nous interroger sur le sens et sur l’autorité du projet architectural et urbain aujourd’hui. En nous appuyant sur une analyse de l’évolution de la discipline durant ces dernières décennies, nous nous interrogerons sur ce que l’architecture peut défendre, alors que ce qui reste de son « empire » semble être convoité de toutes parts. L’affaiblissement des Etats et du politique, la puissance des fonds privés et des médias, la spectacularisation du monde et l’instantanéité des événements, le « court-termisme » qui gouverne certaines décisions des élus, le développement de techniques hors de tout projet social, l’accumulation des normes, le déficit et la confusion de la demande architecturale et urbaine elles-mêmes… tout cela bouscule les principes fondateurs du projet architectural : traduire dans l’espace habité les valeurs dans lesquelles se reconnaissent nos sociétés, accueillir les hommes, transformer la nécessité pratique en un projet symbolique. La thématique principale « Architecture et Politique » est aussi un moyen d’interroger les rapports au temps, à l’environnement, et à la société civile, que la pratique architecturale est aujourd’hui amenée à repenser, aux côtés d’autres questions actuelles. Quels liens se tissent entre l’architecture et le pouvoir ? Quels effets ont-ils sur la transformation de la discipline ? Comment le rapport entre les édifices et l’espace public a-t-il évolué de par le monde ? Il s’agira également de se demander ce que peut l’architecture lorsque la permanence des édifices est mise en question par l’instabilité des programmes, et quel destin lui réservent la « société liquide » et les nouvelles techniques de l’information.
Théorie et projet mai 6, 2011 DCjM4lBptU Leave a Comment on Théorie et projet Qu’est-ce qui définit, aujourd’hui, l’intelligence de l’architecture ? Qu’est-ce qui peut la mettre à l’abri de la monotonie propre à l’économie pratique et constructive des maîtres d’ouvrage et des constructeurs ? Theôria : groupe d’envoyés à la consultation d’un oracle. Telle est l’origine grecque de ce mot, avant que sa signification ne change au sein des arts et de l’architecture, dans le voisinage de l’histoire, de la critique et de la philosophie. Plusieurs manifestations témoignent aujourd’hui d’un désir de théorie : le Grand Paris a voulu être l’occasion de proposer de nouvelles grilles de lecture du territoire et de nouvelles manières de « faire projet » à l’échelle de la métropole, tandis que la question écologique impose la nécessité d’un nouvel « ordre », d’un nouvel « habiter ». Mais on ressent également un manque d’outils pour appréhender le réel, pour penser le monde, guider l’action. Comme si le saut d’échelle qu’imposent les mégapoles et la mondialisation mettait en question la possibilité même des repères que la raison tente de faire exister. Par ailleurs, la vitesse de production et de circulation des énoncés et des images par les Nouvelles Technologies de l’Information encourage un nomadisme et un papillonnage qui bouleversent notre rapport au savoir. On entend dire ça et là que l’ère de la méthode serait révolue : pas de principes, pas règles. Qu’en est-il alors des critères d’appréciation des formes et des matières mises en oeuvre, partageables et vérifiables ? Quels types de revendication, de discours, de métaphores sont mobilisés aujourd’hui pour défendre l’intérêt des projets d’édifices ? Qu’est-ce que nous enseigne, au fil de l’histoire occidentale, l’évolution, du statut et du rôle des textes, très différents, que l’on réunit aujourd’hui trop rapidement sous une même appellation de «théorie architecturale » ? Si la théorie a longtemps permis de comprendre l’hétérogène, d’identifier et de classer des catégories afin de permettre à la pratique de se repérer dans le chaos, d’agir malgré la complexité, quelle utilité peut-elle avoir dans le fonctionnement du monde contemporain ? La question du fond recoupe nécessairement celle de la forme : l’heure n’étant plus aux traités, aux guides à l’usage des bâtisseurs, ni aux manifestes, quelle forme de discours est en mesure de « parler » aujourd’hui ? Nous sommes entrés dans un nouvel âge encyclopédique où la spécialisation des savoirs requiert paradoxalement les principes d’une nouvelle interdisciplinarité. L’architecture, est appelée à y répondre afin de trouver sa place dans les sociétés contemporaines de la connaissance, au-delà du seul spectacle événementiel qu’elle se trouve si souvent condamnée à offrir.
Architecture, Littérature et Enfance février 3, 2011 DCjM4lBptU Leave a Comment on Architecture, Littérature et Enfance Ce colloque ouvre un nouveau cycle de trois colloques interdisciplinaires, qui s’organise autour d’une thématique anthropologique, symbolique et esthétique, au siège de la Société Française des Architectes, à Paris. Nous y aborderons l’architecture comme l’art de disposer des formes en fonction des âges du corps. L’étude de l’architecture dans ses rapports avec les âges du corps s’accompagnera de l’analyse des genres littéraires qui les explorent. On s’intéressera plus particulièrement lors de ce premier colloque à l’impact de l’enfance sur l’architecture et au rôle que joue l’architecture dans la formation de la conscience de soi. Pour tenter de répondre à cette double problématique trois orientations seront privilégiées : L’anthropomorphisme en question La construction architecturale lorsqu’elle est envisagée en termes de géométrie pure, de structure, d’équilibre de formes prend le corps humain comme mesure. Le corps est, en effet, un des modèles analogiques, métonymiques, imaginaires et réels de l’architecture, depuis l’antiquité (Vitruve, Alberti, Filarète…) jusqu’au XXIe siècle, au point de devenir une abstraction autour de laquelle l’architecture se bâtit. L’anthropomorphisme de l’architecture ne se limite pas à la prise en compte anthropométrique des proportions humaines. Les développements de la science médicale, de la biologie et de la psychanalyse ont favorisé l’usage de cette analogie au XXe et au XXIe siècle jusqu’à en faire une des clés de toutes les analogies en architecture. La métaphore des âges est utilisée pour évoquer l’évolution des formes architecturales, leur reproduction ou leur déconstruction. Pourtant, si les âges de la vie sont bien l’un des paradigmes de la pensée de l’architecture, ils restent encore son impensé quand il s’agit de s’aventurer au-delà de la symbolique corporelle. On s’intéressera plus particulièrement, lors de ce premier colloque, à l’impact du corps de l’enfant sur les formes constructives ainsi qu’à la perception de ce corps par l’architecture (rapports fort/da, plein/vide, forme/fonction, structure, principes…). Souvenirs d’enfance, imaginaires et utopies architecturales L’enfance peut-elle être considérée comme le lieu originel de l’utopie architecturale ? Quel rôle joue le mythe de l’enfance dans l’expérience architecturale ? Quelle peut être sa valeur épistémologique pour comprendre l’architecture ? Quelle est la part de l’architecture dans les récits d’enfance et de jeunesse ? Quelle représentation en est proposée ? Dans quelle mesure est-elle porteuse d’un être au monde particulier ? L’architecture offre un espace à l’imaginaire, aux rêves et aux fantasmes. Elle n’est pas seulement inventive, elle joue un rôle initiatique qui reste à analyser. Les autobiographies et les manifestes des architectes seront étudiés pour comprendre le processus de leur propre formation. L’enfance participe-t-elle à un réenchantement des formes architecturales (proportions, couleurs, matières, volumes, lumières…) ? Quels rôles jouent les oppositions intérieur/extérieur, ouvert/fermé, solide/flexible… dans la perception de l’architecture ? On s’intéressera aux récits d’enfance mais aussi aux textes paralittéraires qui mettent en scène des utopies architecturales ainsi qu’aux autres productions avant-gardistes. Esthétiques architecturales et poétiques littéraires L’architecture ne peut être comprise sans prendre en compte à la fois celui qui la fabrique, qui l’habite et la « reçoit ». Le processus architectural peut s’apparenter à la forme littéraire du conte (V. Propp), comme récit légendaire, initiatique ou récit d’anticipation. Dans quelle mesure le projet architectural peut-il être envisagé comme « un conte architectural » ? Quel est le sens de cette analogie pour l’architecte ? Dans quelle mesure le conte peut-il permettre de saisir les intentions narratives de l’architecture ? Comment l’architecture intègre-t-elle les éléments du conte (progression, transformation, distorsion, substitution…) ? Selon quel dispositif (réaliste/merveilleux, sérieux/fantaisiste…) ? On s’attachera à préciser le sens de cette notion, à en apprécier la dimension heuristique à travers l’étude de la diversité des productions architecturales (maquettes, projections virtuelles, scénarii, réalisations…) afin de comprendre ce qui produit une architecture.
Hommage à Michel W.Kagan mai 31, 2010 DCjM4lBptU Leave a Comment on Hommage à Michel W.Kagan “Je ne me présente pas aux étudiants en tant que professeur, je me présente toujours en tant qu’architecte, même si ma pédagogie est extrêmement didactique.“ Michel Kagan Michel Kagan, Architecte et Professeur, est décédé prématurément le 27 décembre 2009. Auteur d’une architecture lumineuse et enseignant au parcours international passionnant, il est une figure majeure d’un courant issu du mouvement moderne, en quête d’une harmonie entre invention et permanence. Enseigner, signifie pour Michel Kagan, non adhérer à telle ou telle doctrine, mais maintenir un constant dialogue avec soi-même, être « deux en un ». L’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville, organise une rencontre autour de sa personnalité. Son objectif est d’explorer, au travers de l’évocation d’expériences communes avec d’autres enseignants et architectes, les relations entre son oeuvre, sa pensée théorique, et son activité pédagogique. Cette réunion sera accompagnée d’une exposition mettant en parallèle son travail de pédagogue et sa production architecturale, sa « pratique théorique ». Cette rencontre au sein de l’école de Paris-Belleville sera suivie d’une conférence puis d’une table-ronde à la Société Française des Architectes. Cette table-ronde, portera sur les perspectives de la discipline architecturale dans la période contemporaine, en résonnance avec la position éthique de Michel Kagan, et aura lieu au siège de la Société, où sera inaugurée une exposition de dessins et photos de ses oeuvres. Sous le haut patronage d’Ann-José Arlot,Conseillère du Ministre de la Culture et de la Communication pour l’Architecture et le Grand Paris Jean Pierre Bobenriether,Directeur de l’Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville Jean Philippe Garric,Président du conseil d’administration ont le plaisir de vous inviter à l’hommage à Michel W. Kagan être et transmettre 10 mai 2010, Rencontres à l’ENSA Paris-Belleville Modérateur : Laurent Salomon, architecte et enseignant à l’ENSAPB 14h00 Propos d’hommage par Ann-José Arlot 14h20 Edith Girard, architecte et professeur à l’ENSA Paris-Belleville et Cyrille Faivre-Aublin (Paris), architecte, enseignant à l’ENSA Marseille et enseignant invité à l’ENSA Paris-Belleville 14h40 John Loomis (San Fransisco), architecte, professeur et directeur de l’Ecole d’Art et de Design, Université de l’Etat de San José, San Fransisco et Kenneth Frampton (New-York), architecte, professeur à l’Université de Columbia, NY (sous réserve) avec la participation de Pascal Quintard Hofstein (Paris), architecte, enseignant à l’ENSAPLV 15h00 Georges Adamczyk (Montréal), architecte, professeur,ancien directeur de l’Ecole d’Architecture de l’Université de Montréal 15h20 Sergio Crotti et Ilaria Valente (Milan), architectes, professeurs à l’Ecole Polytechnique de Milan 15h40 Pause 16h00 Nathalie Régnier-Kagan (Paris), architecte associée de Michel W. Kagan, enseignante à l’ENSA Paris – Val de Seine 16h20 Pierre-Alain Croset (Turin), architecte, professeur à l’Ecole Polytechnique de Turin 16h40 Nikos Ktenas (Athènes), architecte, professeur invité à l’Académie d’Architecture de Mendrisio 17h00 Hervé Dubois (Paris), architecte, enseignant à l’ENSA Marseille, Miguel Macian architecte, enseignant à l’ENSA de Nantes,Jean Mas (Paris), architecte, enseignant à l’ENSA Paris Val de Seine 17h20 Jea-Heon Jeong (Séoul), architecte, professeur, à l’Université de Kyunghee, Corée 17h40 Jean-Louis Cohen, (Paris), architecte, historien, professeur à l’Université de New-York 18h00 Jean-Pierre Duport, Président de la Fondation Le Corbusier Echanges et débats avec la salle 18h30 Vernissage de l’exposition “être et transmettre“, cocktail 10 mai – 31 mai 2010, Exposition à l’ENSA Paris-Belleville Ecole Nationale Supérieure d’Architecture de Paris-Belleville 60 boulevard de la Villette 75019 Paris www.paris-belleville.archi.fr Amphithéâtre Bernard Huet Entrée libre dans la limite des places disponibles Renseignements : marion.merliaud@paris-belleville.archi.fr
Le territoire dans tous ses états novembre 13, 2009 DCjM4lBptU Leave a Comment on Le territoire dans tous ses états Face aux nouvelles donnes écologiques, économiques et sociales, le territoire et la ville sont des réalités en pleine redéfinition. La faillite du système financier et économique néolibéral et du projet intellectuel postmoderne, la fragmentation spatiale et sociale du territoire et la privatisation des lieux publics fragilisent l’idée progressiste d’un espace possible du partage et de la fraternité concrétisé jusqu’ici par la ville. Quelle place la transformation du territoire habité laisse-t-elle au projet ? Nous essaierons d’apporter des réponses en réunissant librement la parole d’architectes, de responsables politiques, de paysagistes, d’économistes, de philosophes, de sociologues et d’historiens. Constat et critique sur le « projet urbain » Né d’une critique nécessaire des « grands ensembles » et de la politique de zoning, le « projet urbain » avait pour objectif de reconstruire la polyvalence du territoire bâti, et l’échelle citadine. Au fil des deux dernières décennies, il est devenu un lieu commun dont l’énoncé remplace la compréhension, et qu’on invoque sans l’expliquer. Il permet tout à la fois d’affirmer un souhait de démocratie locale (participations, associations et comités), de multiplier les experts – superposer les couches de savoirs : « la ville c’est compliqué » – et de dissimuler, derrière une complexité apparente, les options politiques possibles. Dans le « projet urbain » rien ne garantit la cohérence entre formes et discours, ni ne protège d’une simplification obscure liée à une complexification arbitraire. La question de l’espace de la ville est évacuée au profit d’« images de quartiers » ou d’« objets-paysages » conçus au service de la communication politique. Peut-on efficacement poser la question de la métropole et proposer l’horizon d’un « Grand Paris » sans avoir préalablement précisé au service de quel projet de société et avec quels moyens ce projet entend se déterminer ? L’état du savoir, du savoir-faire et des pouvoirs Nous tenterons de confronter deux approches du réel. La première procède à partir de l’analyse d’une réalité crue : les tableaux et diagrammes donnent la mesure de l’étalement péri-urbain en Europe, et l’on peut observer à travers le territoire les conséquences d’une croissance règlementée mais non coordonnée des constructions, d’une raréfaction et d’un affaiblissement de la maîtrise d’ouvrage publique. La seconde, interne à la discipline architecturale, s’efforce de penser le territoire tel qu’il devrait, ou pourrait être. Il ne s’agit pas de réintroduire la tentation de l’utopie, mais une posture éthique, un souci de l’habiter, une croyance dans la place de l’architecte non comme un simple « signataire » d oeuvres, mais comme une figure socialement responsable. Qu’en est-il des moyens fondamentaux du « projet », tels que la coordination entre des installations relevant de responsabilités séparées (voiries, foncier), et des liens entre les typologies des logements et les formes urbaines ? Face au partage du pouvoir entre le politique et le financier, comment l’architecte peut-il jouer un rôle critique au nom des usagers, en vertu de son savoir et de la mission de défense de l’intérêt public que lui confère la loi ? La révolution numérique La révolution industrielle avait préparé un nouvel ordre social et territorial ; quelles spatialités se profilent à travers la révolution numérique (nouvelles citoyennetés, virtualisation des échanges, etc.), dont nous mesurons la pénétration dans le quotidien de nos vies aussi bien que dans le fonctionnement de l’économie ? Le temps De quelles façons le projet peut-il porter une pensée du développement durable, sans la réduire au simple registre constructif ni aux gestes symboliques ? Le développement durable est-il un moyen de repenser la pérennité du bâti et sa capacité à muter et à s’inscrire dans le futur ? Qu’en est-il des outils d’évaluation en vigueur dans ce domaine, quelle est leur légitimité et quelle est leur pertinence ?
Les espaces déterritorialisés janvier 15, 2009 DCjM4lBptU Leave a Comment on Les espaces déterritorialisés Le colloque fait suite aux deux colloques intitulés « La Ruine et le geste architectural », et « Tours et détours », organisés par la Société Française des Architectes en 2007 et 2008. Ces deux colloques ont amorcé une analyse du geste architectural et de ses représentations symboliques. Le troisième colloque de ce cycle entend prolonger cette réflexion en s’intéressant aux territoires déterritorialisés en passe de devenir un des nouveaux enjeux de l’architecture actuelle. Trois axes d’étude seront privilégiés afin de prendre en compte l’évolution diachronique et synchronique de ces espaces et la manière dont la littérature en rend compte.
Le projet en questions mars 14, 2008 DCjM4lBptU Leave a Comment on Le projet en questions Ce colloque réunissant, dans le cadre de la SFA, avec le soutien du CNRS, architectes praticiens et enseignants du projet, historiens, philosophes ou ingénieurs, s’organise autour de trois axes de réflexion : 1. Tandis que le développement des « spécialisations » en architecture tend à effacer les repères, on est en droit de se demander : que sait-on du projet ? Ce colloque propose donc, en premier lieu, de définir cet objet de pensée particulier qu’on appelle le « projet ». Est-ce la préfiguration d’une réalité construite, une méthodologie de conception appliquée aux bâtiments, ou bien est-ce autre chose ? Peut-on envisager une définition générale du projet par delà les différentes expressions architecturales ? Ce champ de réflexion recoupe la question de la réussite du « fait architectural », qu’il s’agira d’élucider en s’appuyant sur des cas précis permettant de faire la part entre la « valeur projet » et la « valeur édifice ». 2. Le rapport du projet à ce qui l’entoure : a. L’enseignement du projet. Quel est le poids du projet dans le contexte français actuel des études d’architecture ? Les enseignants du projet pourraient intervenir sur cette question déterminante pour l’avenir de la discipline. b. La portée du projet. Il s’agira ici de débattre des conditions de possibilité du projet dans le système de production du bâti auquel il est contraint de se plier. Le projet peut-il s’inventer comme manière d’agir sur le réel au sein des procédures de production en vigueur dans nos sociétés ? c. Le statut du projet. L’empire de l’image et la mort du projet : l’aliénation du geste architectural sous le joug des mouvements médiatiques et financiers, fait appel au devoir de critique au sein de la profession. Il sera également question d’interroger les conséquences de la transformation des outils de communication au cours des 15 dernières années, sur l’architecture et sur le projet. 3. Le projet est-il l’objet privilégié de l’architecture ? Son rôle est-il de penser l’architecture, ou bien est-il un instrument au service d’une représentation sociale ? Cette distinction, outre le fait qu’elle permet de situer deux grands courants hérités du XXe siècle, pose la question de l’autonomie et de la portée du projet. Dans un cas, le projet est l’expérience d’une recherche heuristique, se situant sur un plan parallèle aux pratiques artistiques, techniques et scientifiques. Dans l’autre, il se présente davantage comme la traduction, dans le cadre bâti, des rationalités économiques et techniques d’un moment de la société.
La ruine et le geste architectural février 1, 2007 DCjM4lBptU Leave a Comment on La ruine et le geste architectural Ce colloque ouvre un nouveau cycle de rencontres entre architectes, plasticiens, et universitaires au siège de la Société Française des Architectes. Il tentera d’approfondir leur dialogue interdisciplinaire en saisissant à travers la décomposition du geste architectural son origine, son histoire et son possible renouveau à partir d’un objet incongru : la ruine. Trois axes d’étude ont ainsi été privilégiés. Architectures en ruines / ruine de l’architecture ? La ruine est un objet de fascination pour l’architecte. Elle manifeste la précarité du bâti, son probable effacement, tout en perpétuant sa mémoire. Elle offre un témoignage historique et culturel de l’art de l’architecte. Ruines, vestiges d’édifices, ruines urbaines, cités fantômes… hantent l’histoire de l’architecture et sa représentation. Ils exhibent la fragilité de l’archi-tecture, la faiblesse de la matière et de la technique. La ruine, ce qui reste du monument célèbre paradoxalement le geste architectural dans sa décomposition. Comment accommoder ses restes ? La ruine rappelle le passé de l’architecture, parle de ses transformations, préfigure son avenir. Métonymie de la partie pour le tout, elle mine l’articulation architectonique entre ses éléments, défait la forme initiale de l’œuvre et sollicite sa restauration. C’est à partir de la ruine que le geste architectural peut se (re)définir, se (re)composer et se (re)constituer. Le spectacle de la ruine offre la possibilité d’une reconstitution hyperbolique de ses parties manquantes, dont la littérature et la peinture rendent abondamment compte, selon une dialectique complexe entre le visible et l’invisible, le respect du bâti et sa métamorphose, l’opacité de ses formes anciennes et celles de l’œuvre à venir. La ruine, réelle ou imaginaire, antique, « moderne « ou post-moderne, vraie ou fabriquée, célèbre à rebours l’architecture. La ruine : lieu vide, non-lieu, hors-lieu ou lieu du possible Ce lieu vide, qui tend progressivement à disparaître, met en jeu des oppositions conceptuelles fortes. Entre décomposition et recomposition, reconstruction et démolition, réel et fiction, la ruine travaille les contraires. Elle pose à l’architecte la difficile question de la réhabilitation et de l’appropriation d’une œuvre antérieure. Les ruines anciennes ou contemporaines (villas, temples, fabriques, friches…) sont souvent informes, désarchitecturés, des non-lieux ou des hors-lieux, mais aussi des lieux du possible de l’architecture. La ruine appelle le dessin, la gravure, le récit, le poème, le tableau, la photographie, tout un accompagnement de textes et d’images pour la déchiffrer. Elle est l’enjeu d’une nostalgie culturelle et d’une utopie esthétique. La ruine muette ou parlante interroge de manière paradoxale notre rapport au lieu. La ruine : paradigme de l’architecture et des arts La ruine est un objet transesthétique exemplaire. Le motif de la ruine traverse toute l’histoire des arts. La ruine détient une valeur herméneutique susceptible de nous éclairer sur l’essence de l’architecture. La prédilection pour les espaces en ruines trouve une concrétisation nouvelle dans les installations fragmentaires et éphémères. La déconstruction des espaces architecturaux, l’exhibition de leurs éléments architectoniques constituent des formes d’architecture en ruines où le geste architectural se réinvente souvent en transparence. La ruine contemporaine est le symptôme d’une autre appréhension de l’espace et d’un autre rapport entre la forme et la matière. Elle est un élément essentiel pour penser l’architecture, saisir la complexité et la diversité de ses liens avec les arts. En tenant compte des points de vue croisés des écrivains, des architectes, des plasticiens, le colloque s’efforcera de mettre en perspective la spécificité et l’évolution des paradigmes architecturaux et esthétiques.
Architecture, Littérature et autres arts : interactions, hybridations février 17, 2006 DCjM4lBptU Leave a Comment on Architecture, Littérature et autres arts : interactions, hybridations L’ARCHITECTURE ET LES ARTS L’architecture conçoit et réalise des lieux de vie où s’enchevêtrent des pratiques esthétiques diverses en fonction des contraintes architecturales et des éléments artistiques qui les composent. La littérature, la peinture,la musique sont des Arts de l’espace, du temps et de la mémoire qui participent de cette mixité propre à l’œuvre architecturale. L’utilisation de l’image est de ce point de vue exemplaire. Elle est constitutive du projet architectural de sa naissance à sa réalisation, du croquis au dessin préparatoire, de sa visualisation virtuelle à son intégration comme élément architectural qu’il s’agisse du trompe-l’œil ou de l’image vidéo. Cet exemple a une valeur indicative. Il montre combien au-delà du simple renouvellement des normes esthétiques, l’architecture et l’art favorisent la création de formes nouvelles. La littérature, la musique, la scénographie (chorégraphie, décor…)… sont des éléments matériels et immatériels qui président à la création d’éléments architecturaux. A contrario, l’architecture prise comme motif fournit aussi à la littérature des contraintes spécifiques non seulement en termes de création, de construction mais aussi d’écriture. ESPACES ARCHITECTURAUX ET MONDES FICTONNELS L’architecte crée des lieux à habiter. Dans quelle mesure l’architecture détermine-t-elle notre façon d’être au monde à travers l’interaction spécifique entre celui qui l’habite et le lieu ? Quels sont les effets de sens d’un espace architectural ? Habiter nécessite l’élaboration d’un espace fictionnel propre pour faire sien l’espace architecturé de référence. La création de cet espace fictionnel relève-t-elle de l’intentionnalité de celui qui l’occupe ? Comment intériorise-t-on le lieu que l’on habite ? La diversité des lieux (du lieu heideggerien aux non-lieux de Marc Auger ou aux contre-lieux de Paul Ardenne…) exprime la multiplicité de nos types de relations à l’espace et au temps et l’évolution des modes d’habiter. Or, la littérature nous aide à rendre compte de ces modes d’appréhension individuelle et sociale et des différents types d’interaction en jeu. L’appropriation ou le rejet d’un lieu privé ou public passent aussi par des représentations historiques et culturelles diverses. La littérature et les arts peuvent nous permettre de saisir comment se constitue ce processus d’interaction et de fictionalité propre à l’habité, ses modalités, sa portée cognitive et ontologique. VERS UNE (RE)DÉFINITION DES LIENS ENTRE L’ARCHITECTURE ET LES ARTS L’architecture pose ainsi sans cesse à travers sa complexité la question de son statut et de son identité. Pour rendre compte de ces phénomènes d’interactions et d’hybridations la rhétorique, la sémiotique seront utilisées de manière complémentaire et analytique. Il s’agira d’étudier l’architecture en tenant compte des points de vue croisés des écrivains, des architectes, des plasticiens afin de mettre en perspective l’évolution des paradigmes architecturaux.