Intérieurs juillet 11, 2024 Cecile Aucun traité, aucune théorie n’ont pu faire l’économie de ce qui fonde le projet architectural et urbain : faire exister un espace soustrait à la contrainte de l’extériorité, délimité, qualifié et signifiant. La construction, la décoration, le mobilier, le confort, le plan libre moderne, la densité du tissu, l’éclairement des surfaces participent de cet artefact – l’espace construit – qui organise nos faits et gestes, établit des seuils, sépare ce qui doit l’être afin de mieux cohabiter avec autrui. Du toit de nos maisons à la voûte du ciel, la notion d’intériorité est relative, et elle nous offre une clef de lecture pour définir les conditions de notre existence aussi bien physique qu’institutionnelle. À l’heure où il est question de refonder notre modèle économique pour tenter de concilier justice sociale et survie de l’écosystème, le concept d’intérieur appelle une mise à jour, ne serait-ce que pour remettre en question l’isolement de la maison individuelle et l’exiguïté des appartements, pour concevoir la hauteur des bâtiments et donner une forme à l’espace public. De la notion de milieu à celle d’habitat, des théories immersives à l’importance du verbe « s’aérer » depuis la dernière crise sanitaire, le rapport du corps à ce qui l’entoure engage une critique politique, une action écologique et une idée esthétique du monde.Qu’en est-il de cette succession d’intérieurs emboîtés qui, depuis le séjour jusqu’au parc, accueille nos usages ? Il est question ici de défendre une qualité proprement architecturale et urbaine, associant le principe de protection à celui d’ouverture, et illustrant notre besoin de partager des lieux animés aussi bien que celui de se retirer dans le silence d’une chambre. En partenariat avec le CNRS, GDRI « Savoirs artistiques et traités d’arts » En partenariat avec le Groupe d’études géopolitiques éditeur du Grand Continent
Le rêve européen, idées de l’architecture et de la ville juin 23, 2023 Cecile Nos rues et nos places, nos habitations et nos monuments racontent une manière d’habiter le monde. De Paris à Budapest, de Barcelone à Berlin en passant par Rome, se profile le visage incertain d’une civilisation, construite autour de la raison, des sciences et des techniques. Conquis sur le terrain des empires et des guerres, ce « nous » cherche encore ce qui le fait. Il ne saurait être défini essentiellement par des traités et une libre circulation des biens, des services et des individus : il y manque une ambition culturelle, de quoi engager une idée de l’autre, du partage, de l’État, de la nature, du pouvoir et des institutions, bref, un ensemble de concepts en prise avec un cadre bâti, qui tantôt les représente, tantôt leur résiste. S’il existe un dénominateur commun des grandes cités européennes, que signifie-t-il et comment se reconnaissent des parentés ? Quel rapport au passé, à la modernité et à l’universalité entretient-on dans les arts ? Comment le projet architectural et urbain peut-il entretenir le cosmopolitisme sans céder à une mondialisation uniformisante ? Comment saura-t-il défendre la singularité des lieux sans donner prise aux replis identitaires ? D’ailleurs, l’architecture et les usages qu’elle abrite peuvent-ils aider à situer les bornes du Vieux Continent, quelque part entre l’Atlantique et l’Asie ? Quel est le poids de la géographie dans la représentation des sociétés à l’heure de la virtualisation des échanges ? Ce qui divisait l’Europe jadis peine à devenir ce qui l’unit aujourd’hui, si l’on fait exception des tragédies. Les mythes restent fidèles aux nations. Or il y a bien un miracle européen, qui n’a rien à envier au rêve américain : il y aurait une manière de partager, de célébrer, de gouverner, de s’opposer et de tolérer qui nous caractérise, que l’on reconnaît dans nos façons de nous loger, d’occuper l’espace public, de s’espacer, de se divertir et de s’émouvoir. Nos villes affichent les signes des différences entre les populations, tout en trahissant quelque chose qui leur est commun. La densité, la place des arbres, les terrasses de café, les paysages et les campagnes sont, dans cette partie du monde, les témoins d’une histoire plurielle qui nous oblige. Elle nous offre les moyens de vaincre les dangers politiques, sociétaux et écologiques de demain. En partenariat avec le CNRS, Savoirs artistiques et traités d’arts
L’usure du monde juin 30, 2022 Cecile Leave a Comment on L’usure du monde Le changement climatique, l’effondrement des populations animales et la dévastation des sites naturels constituent une menace sans précédent pour la civilisation. Nous en prenons conscience à un moment où l’affaiblissement de la puissance publique, l’érosion du savoir commun et l’individualisme – de l’habitat pavillonnaire à la livraison à domicile – semblent nous priver de la plupart de nos moyens d’action : l’horizon intellectuel, économique et politique du XXIe siècle est sombre. Les bâtiments, dont la production et l’entretien représentent un tiers des émissions de gaz à effet de serre, participent d’un système productif prédateur, fondé sur l’obsolescence et la destruction. En quoi le projet architectural peut-il contribuer à le transformer, afin de transmettre aux générations à venir un monde vivable ? Dans l’état actuel des techniques, chaque piste envisageable implique un arbitrage en raison des inconvénients qui l’accompagnent. Celle de la décroissance compromet nos modes de consommation, mais surtout l’emploi, par lequel se finance la couverture sociale. Celles d’un « développement durable », ou d’une « croissance verte », font débat : ces notions sont-elles des oxymores, ou promettent-elles d’associer une augmentation du PIB à une baisse des émissions de CO2 ? La « transition écologique » peut-elle réconcilier capitalisme et respect du vivant, ou est-elle une illusion permettant de rallonger la vie d’un marché ravageur ? Les solutions, quelles qu’elles soient, sont-elles envisageables dans le cadre d’une marchandisation de tout – notamment des points carbones – que nous connaissons ? Et par quoi remplacer celle-ci ? Est-il suffisant pour les architectes d’adopter des matériaux bio- ou géo-sourcés ? Poser la question c’est y répondre, mais que faire de plus ? L’architecture peut-elle inspirer une perspective à l’échelle de la société, réunissant un faisceau de réponses d’ordre politique, social, économique et environnementale, ou est-elle cantonnée à un statut accessoire, une production de plus dans le paysage culturel ? Art des formes que se donne une société, le projet architectural s’est de tout temps inspiré des contraintes pour offrir bien plus qu’une solution à un problème. Cette dynamique, qui a été à l’œuvre notamment dans l’Antiquité romaine et à l’Époque moderne, dont le siècle dernier nous a laissé d’insignes exemples, n’appartient pas qu’au passé. Elle se manifestera à nouveau pour renouveler une intelligence du fait architectural et urbain au service non seulement d’une certaine idée du progrès, comme il était question hier, mais d’une planche de salut pour l’humanité. Toutefois, rien n’est possible si le projet de société – à supposer qu’il existe – demeure à ce point disjoint de ceux qui ont pour objet les lieux que nous habitons. C’est la raison pour laquelle nous accueillerons, au cours de ces deux journées de débats, des personnalités du monde politique et scientifique, mais aussi des architectes et des chercheurs. En partenariat avec le CNRS, Savoirs artistiques et traités d’arts Avec le soutien du mécénat de la Caisse des Dépôts Conception de l’affiche : Manuel Marsoudet et Maxime Marois
La Cité au XXIème siècle juillet 1, 2021 Cecile Leave a Comment on La Cité au XXIème siècle La crise de la démocratie représentative nous conduit souvent à convoquer la notion de cité, comme s’il fallait rappeler les origines de nos civilisations pour en conjurer les dérives. Cette notion qui associe l’ordre politique à l’ordre urbain, si elle a encore un sens, est mise à rude épreuve. Que devient-elle à l’ère des réseaux sociaux, de la mondialisation, de la financiarisation, de la surveillance numérique et de l’érosion des libertés ? Appartient-elle au passé, ou peut-elle encore définir un projet de société urbaine et démocratique à l’heure des métropoles surpeuplées et des directives sécuritaires, auxquelles s’est ajoutée récemment la « distanciation sociale » imposée par la pandémie ? De quelle citoyenneté avons-nous pris le chemin, à notre insu, en laissant s’installer nos nouvelles habitudes, où les techniques facilitent la commande d’une course, d’un repas ou d’un objet qui sera livré le lendemain, au prix d’une profonde remise en question des équilibres sociaux, écologiques et économiques ? Née avec le débat public dans l’agora, la cité peut-elle trouver aujourd’hui un espace démocratique où la parole de tous peut être entendue ? La plupart des lieux urbains imaginés au XXe siècle, qu’ils soient progressistes ou historicistes, n’ont pas intégré un espace public pour la parole. Les visions des Modernes (Broadacre City, Plan Voisin) dont se sont inspirées les opérations sur dalle (le Front de Seine), les tentatives postmodernes (Euralille), les réactions passéistes (New Urbanism) et, plus récemment, le libéralisme débridé des nouveaux quartiers aux allures de catalogues, ont un point commun : il y manque quelque chose qui fait le citoyen. De quelle réalité politique et sociale ce manque est-il le symptôme ? L’intérêt général et la perspective à long terme sont-ils possibles dans les conditions actuelles du financement, ou le destin de nos villes est-il irrévocablement soumis aux lois du marché, conduisant l’action publique à dissimuler des opérations juxtaposant des intérêts privés derrière d’habiles slogans promettant de « réinventer » la cité ? Le titre de ce colloque soulève bien d’autres questions encore, susceptibles de réunir des architectes, juristes, philosophes et historiens. organisé en partenariat avec le CNRS (GDRI « Savoirs artistiques et traités d’art ») Entrée Libre et gratuite
L’architecture en représentations janvier 10, 2019 Laura Leave a Comment on L’architecture en représentations Qu’est-ce que la représentation en architecture ? Cela évoque aussi bien les outils de la pensée au travail que la capacité d’un projet à représenter quelque chose. Mais quoi donc ? Est-ce le dessin qui représente le bâtiment, ou le bâtiment qui représente le dessin ? D’ailleurs, quelle place le dessin occupe-t-il encore ? L’intérêt de cette notion n’est-elle pas précisément les deux sens qu’elle peut avoir, à savoir la représentation du projet, et ce que le projet représente à posteriori ? L’un précède le réel, l’autre lui donne sens. Le travail de projet architectural, qui mobilise depuis la Renaissance plans, maquettes et croquis, a été au fil de ces dernières années progressivement dématérialisé, avec de multiples logiciels de représentation et, plus récemment, avec le BIM. Parallèlement, la représentation des projets se fait de plus en plus conceptuelle, se détourne d’une recherche du plan et de la coupe pour se rapprocher de l’installation artistique. Quel rôle la façade et l’ornement jouent-ils dans la représentation du bâtiment aujourd’hui ? Quelle influence la révolution numérique exerce-t-elle sur la capacité de concevoir, et que deviennent les fonctions de la représentation à l’âge d’Instagram ? Assiste-t-on à la naissance d’une nouvelle culture de la représentation, ou au démantèlement progressif de ce qui fonde le savoir et la compétence de l’architecte ? Comment peut-on mesurer les effets de cette évolution dans la production du monde bâti, dans l’enseignement et dans l’idée que l’on se fait du projet architectural ? Quel rapport au réel établit-on à travers la représentation ? À l’heure où la représentation en politique est en crise, la représentation par l’architecture et la ville l’est-elle aussi ? Les mêmes causes ont-elles les mêmes conséquences sur les autres arts ? organisé en partenariat avec le CNRS (GDRI « Savoirs artistiques et traités d’art ») Entrée Libre et gratuite
L’espace public mars 8, 2018 Laura Leave a Comment on L’espace public La forme d’une ville raconte l’idée que la société se fait d’elle-même, de ses valeurs, de ses institutions et de ses modes de vie. Cette forme repose entre autres sur l’espace public, lequel mérite de ne pas être réduit à une définition juridique – ce qui n’est pas privé. Hormis les fonctions pratiques de cet espace public, que représente-t-il et que porte-t-il ? D’où vient-il et comment s’est-il transformé au fil des siècles ? Quelles différences fondamentales peut-on relever d’un pays à l’autre, d’un continent à l’autre ? Comment s’est-il adossé à l’architecture, à la géographie, aux infrastructures et au droit pour s’établir ? Est-il aujourd’hui le seul vecteur de l’urbanité contemporaine ? Appartient-il au passé, ou peut-il se réinventer ? La notion même d’espace public a-t-elle encore un sens dans les mégapoles ? Comment la religion, la justice, le pouvoir, le marché se sont-ils associés au parvis, à la place ou au boulevard autrefois, et comment les institutions et le commerce le font-elles aujourd’hui ? De jour ou de nuit, d’un quartier à l’autre, les comportements diffèrent et le trottoir change d’aspect. C’est aussi par le dévoiement que l’espace public vit, lorsque la prostitution, les lieux de rencontre, le trafic, le campement ou la barricade instaurent leurs propres règles. Quel est son destin à l’heure des objets autocentrés, du tout numérique, de la privatisation des quartiers, des politiques sécuritaires, du divertissement, de l’excès normatif dans la gestion des flux ? Il s’agit donc d’explorer à travers ce colloque les dimensions historique, politique, sociale, technique et esthétique de l’espace public. organisé en partenariat avec le CNRS (GDRI « Savoirs artistiques et traités d’art ») Entrée Libre et gratuite
L’architecture face au marché mai 13, 2017 DCjM4lBptU Leave a Comment on L’architecture face au marché L’architecture n’échappe pas aux effets de la mondialisation. Par ce titre, il s’agit d’interroger en premier lieu le rapport que la discipline architecturale et la pratique entretiennent avec les puissances économiques et, à travers celles-ci, avec les instances politiques. Quel rôle le marketing joue-t-il désormais ? Sur quoi se construit aujourd’hui la valeur d’une agence d’architecture ? S’agit-il d’une marque de commerce ? Les mutations techniques et sociales à l’œuvre conduisent à se demander comment les compétences de l’architecte vont vieillir, et comment le droit d’auteur va évoluer à l’ère du numérique. Le développement durable lui-même peut-il échapper aux logiques marchandes ? L’histoire des concours est riche d’enseignements sur le rapport que la société, à travers la commande publique, a entretenu avec les grands projets. En 1971, le concours du Centre Pompidou, international, ouvert et anonyme, était gagné par deux jeunes inconnus. En 2012, le nouveau palais de justice de Paris est attribué en partenariat public-privé au groupe Bouygues, qui s’était assuré pour l’occasion les services de l’un des deux inconnus de 1971, à la tête désormais de la plus grosse agence de France : en quarante ans la place de l’architecture s’est vue considérablement réduite. En France, la loi de 1977 définissant la création architecturale comme étant d’intérêt public est toujours en vigueur, mais on peut se demander si elle est encore au cœur des préoccupations des maîtres d’ouvrage. S’agit-il encore pour eux d’« entreprendre un projet », ou est-il désormais question d’« acheter un produit », fût-il un équipement ? Quels critères président aux choix des projets dans les concours ? Par ailleurs, le goût des élus, la décision régalienne, les « jurys » aux motivations complexes, la doxa architecturale exercent – de manière concentrée ou diffuse, manifeste ou implicite – un pouvoir qui façonne nos villes. Tout « marché » implique un échange ; de quel échange de valeurs l’architecture est-elle le théâtre ? Comment l’échange peut-il être porteur d’une attente politique ? Ces questions, et bien d’autres encore, occuperont la tribune de la Société française des architectes.
Le beau et le laid mai 27, 2016 DCjM4lBptU Leave a Comment on Le beau et le laid Ces deux mots habitent notre quotidien, pour qualifier à peu près tout. Le monde bâti n’y a pas échappé : l’architecture a beaucoup eu affaire avec le beau, et, par opposition, avec le laid, bien que cette relation ait été moins explicitée. Les autres arts tels que la peinture, la musique, le cinéma, mais aussi la mode, ont-ils vécu les mêmes aventures avec ces notions à la fois savantes et communes ? A quels savoirs, concepts ou principes s’adosse-t-on lorsqu’on use de ces adjectifs ? De l’Antiquité à nos jours, comment le beau et le laid ont-ils contribué à faire le tri des œuvres ? Quelle relation au style, au goût, à la faculté de juger, ces notions entretiennent-elles ? Dans quelle mesure peuvent-elles cohabiter dans une même œuvre bâtie ? Le beau et le laid se tournent-ils le dos, ou se regardent-ils parfois ? Comment ces critères parviennent-ils à s’adapter aux œuvres bâties d’échelles variées, allant des jardins aux paysages, en passant par les villes et les quartiers ? Ils traversent aussi l’architecture, de l’appartement au musée, du détail au plan. Hors la beauté graphique, peut-on parler d’un beau plan ou d’une belle coupe ?Par ailleurs, les objets demeurent, mais le regard que l’on porte sur eux évolue : l’histoire est riche de revirements par lesquels telle œuvre se voit déchue, tandis qu’une autre gagne peu à peu les faveurs du public ; ce fut le cas notamment de la tour Eiffel et du Centre Pompidou, que l’on a appris à aimer. Pour toutes ces raisons, et bien d’autres encore, il sera question dans ce colloque de ce que signifient le beau et le laid aujourd’hui.
L’élan moderne mai 29, 2015 DCjM4lBptU Leave a Comment on L’élan moderne Les mots demeurent, mais leur signification évolue. Il en va ainsi des qualificatifs « moderne » et « contemporain » dont on doit se demander ce qu’ils signifient aujourd’hui dans le champ de l’architecture, et plus largement dans l’ensemble des dimensions politique et esthétique du cadre bâti. Ce colloque entend « mettre à jour » le sens de ces mots, et en interroger l’actualité. La modernité de l’architecture se distingue-t-elle de la modernité du projet ? La modernité est-elle un style, ou un principe plus fondamental ? Est-ce un adjectif, un attribut de la forme, ou un principe de pensée ? Quels rapports les modernités en architecture, en peinture, en littérature et au cinéma entretiennent-elles ? Baudelaire affirmait que « la modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable », et le Mouvement moderne s’est emparé de cette notion pour nommer un ensemble de nouveautés marquant une rupture avec les conventions. Qu’en est-il depuis ? Pourquoi et comment ce grand mot est-il presque devenu, pour beaucoup d’architectes, un gros mot ? Par quel retournement ce qui représentait le futur se retrouve-t-il associé au passé ? Quel rapport le moderne entretient-il avec le rationalisme ? L’architecture est une pratique inscrite dans l’histoire – chaque projet procède d’une généalogie – mais il est aussi la construction de ce qui est à venir. Qu’est-ce qu’être moderne, par-delà l’expression des formes elles-mêmes ? A quel moment le mot « contemporain » qui signifiait simplement « vivant » a-t-il changé de sens ? L’architecture est un art qui brouille les certitudes du temps : « mal informé celui qui se crierait son propre contemporain » (Mallarmé).
Le silence habité des maisons mai 24, 2014 DCjM4lBptU Leave a Comment on Le silence habité des maisons Selon les cultures et les époques, la tente, la villa, le palais, le château, l’appartement ou d’autres formes de logis ont contribué à définir les conditions de l’« habiter » : c’est à travers la définition d’un « chez soi » que s’établit notre rapport au monde et aux autres. C’est cette notion que notre colloque se propose d’explorer, dans ses multiples dimensions. Pour les peintres (dont Matisse à qui nous empruntons notre titre), la représentation de l’intimité en elle-même et dans son rapport au dehors est une métaphore du monde. De même, en architecture, le thème de la demeure apparaît comme un outil de connaissance de la discipline toute entière, ainsi qu’une clé de lecture pour comprendre nos sociétés actuelles. Des origines de la domus à l’actualité du logement et des villes, de la fonction protectrice de l’abri à l’épanouissement du plan ouvert, la maison voyage avec ses bagages : les habitudes, la représentation sociale, les meubles, les usages et les gestes quotidiens. Par ailleurs, l’espace domestique est aussi un espace juridique, la constitution d’une sphère privée qui s’est faite suivant des moyens qui ont évolué depuis les murs d’hier jusqu’aux écrans d’aujourd’hui. Que reste-il de « l’habiter » à l’heure du développement explosif des villes sans urbanité ? De l’imaginaire de la maison à la réalité du logement, ce thème façonne nos comportements et siège au cœur de la pratique architecturale ; il détermine des notions comme celle d’intériorité, de l’individuel et de son rapport au collectif. Que devient-il aujourd’hui ?