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Hervé Beaudouin

« Je mise sur les petits objets aux grandes possibilités : la beauté du brut et de l’ordinaire, des textures, des qualités tactiles des parois, l’épaisseur des surfaces, l’ancrage au sol.

Ma préoccupation initiale était le vieillissement des matériaux. Très vite, je me suis intéressé aux matériaux naturels, surtout dans leur forme brute, et à leur mise en œuvre dans des contextes économiques contraints.

L’œil curieux trouve matière à idées partout dans le monde. « L’exploration curieuse » des territoires m’a permis, grâce à la photographie, de constituer une mémoire documentaire. Les traditions et les savoir-faire de Scandinavie, des pays du sud de l’Europe, de Chine, d’Inde, du Japon, d’Afrique et du Brésil se prêtent à des interprétations et à des transpositions créatives. Ces transpositions s’appuient sur des matériaux adaptés, des techniques simples pouvant être pratiquées sans outils sophistiqués par nos entreprises régionales ».

 

 

Rahul Mehrotra

Les architectes et designers qui travaillent en Inde sont aujourd’hui confrontés à un ensemble de transformations sociales, culturelles et économiques qui ont remodelé l’environnement construit à une vitesse sans précédent. L’architecte qui demeure attaché à une idée traditionnelle du contexte – la spécificité du site – ne peut prendre la mesure du contexte élargi de la ville contemporaine.
Notre approche est d’utiliser la ville et la région comme le vivier même du projet, de façon à développer un vocabulaire architectural tirant sa substance d’une définition plus souple de la profession d’architecte.
Notre approche consiste à abstraire les dispositifs spatiaux et les éléments bâtis afin de les interpréter, à partir de la tradition où ils s’inscrivent, mais en fonction d’une culture contemporaine. Il s’agit notamment de combiner des matériaux traditionnels et nouveaux, de juxtaposer les savoir-faire conventionnels avec des composantes industrielles, de confronter les plans traditionnels à l’organisation contemporaine de l’espace. Cette démarche explore les voies par lesquelles le projet architectural œuvre pour résister à l’uniformisation de nos villes. En bref, il s’agit de donner expression à la pluralité des dimensions qui caractérise la vivacité du paysage indien.

Yasutaka Yoshimura

Yoshimura et Sugawara, tous deux Master de l’université Waseda, à quelques années de distance, font partie d’une nouvelle génération d’architectes, encore peu connue à l’étranger mais dont le dynamisme à la fois conceptuel, avec des publications et des projets théoriques, ainsi que des réalisations de maisons ou de petits programmes culturels questionnent l’environnement urbain et social au Japon. Yoshimura a récemment participé à ce titre aux rencontres franco-japonaises KENCHIKU/ARCHITECTURE- PARIS TOKYO. Sugawara est lui impliqué, avec plusieurs projets, dans la reconstruction de la région du Tôhoku ravagée par le Tsunami de 2011.

Daisuke Sugawara

Yoshimura et Sugawara, tous deux Master de l’université Waseda, à quelques années de distance, font partie d’une nouvelle génération d’architectes, encore peu connue à l’étranger mais dont le dynamisme à la fois conceptuel, avec des publications et des projets théoriques, ainsi que des réalisations de maisons ou de petits programmes culturels questionnent l’environnement urbain et social au Japon. Yoshimura a récemment participé à ce titre aux rencontres franco-japonaises KENCHIKU/ARCHITECTURE- PARIS TOKYO. Sugawara est lui impliqué, avec plusieurs projets, dans la reconstruction de la région du Tôhoku ravagée par le Tsunami de 2011.

José Fernando Gonçalves

Au cours des dernières décennies, la pensée et la production architecturale ont été profondément transformées sous l’effet des médias. La multiplicité et la vitesse de l’information – l’image – me conduit plus que jamais à rappeler l’irréductibilité de l’expérience physique de l’espace pour se construire une culture du projet. A ce titre, le voyage d’architecture, la visite des bâtiments et des lieux appartiennent pleinement au cursus de formation, aux côtés des enseignements théoriques et des ateliers.
C’est donc à partir d’une appréhension et d’une compréhension du contexte à la fois physique et culturel du lieu que je médite, à travers mes activités d’architecte et d’enseignant, le rapport entre dessin et construction.

 

L’élan moderne

Les mots demeurent, mais leur signification évolue. Il en va ainsi des qualificatifs « moderne » et « contemporain » dont on doit se demander ce qu’ils signifient aujourd’hui dans le champ de l’architecture, et plus largement dans l’ensemble des dimensions politique et esthétique du cadre bâti. Ce colloque entend « mettre à jour » le sens de ces mots, et en interroger l’actualité. La modernité de l’architecture se distingue-t-elle de la modernité du projet ? La modernité est-elle un style, ou un principe plus fondamental ? Est-ce un adjectif, un attribut de la forme, ou un principe de pensée ?

Quels rapports les modernités en architecture, en peinture, en littérature et au cinéma entretiennent-elles ? Baudelaire affirmait que « la modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent, la moitié de l’art, dont l’autre moitié est l’éternel et l’immuable », et le Mouvement moderne s’est emparé de cette notion pour nommer un ensemble de nouveautés marquant une rupture avec les conventions. Qu’en est-il depuis ? Pourquoi et comment ce grand mot est-il presque devenu, pour beaucoup d’architectes, un gros mot ? Par quel retournement ce qui représentait le futur se retrouve-t-il associé au passé ? Quel rapport le moderne entretient-il avec le rationalisme ?
L’architecture est une pratique inscrite dans l’histoire – chaque projet procède d’une généalogie – mais il est aussi la construction de ce qui est à venir. Qu’est-ce qu’être moderne, par-delà l’expression des formes elles-mêmes ? A quel moment le mot « contemporain » qui signifiait simplement « vivant » a-t-il changé de sens ?
L’architecture est un art qui brouille les certitudes du temps : « mal informé celui qui se crierait son propre contemporain » (Mallarmé).

J. Emili Donato

Né à Figuières en 1934, Emili Donato a obtenu son diplôme d’architecte en 1960. Il enseigne le projet à l’École d’architecture de Barcelone depuis 1965. Dans les années 1960 il construit principalement des hôpitaux ainsi qu’une série de maisons sur voûtes catalanes. Entre 1967 et 1972, il s’engage activement au sein de l’Ordre des architectes de Catalogne et dirige la revue Quaderns. Il obtient son doctorat en architecture en 1972 ; en 1976, il réside six mois en Algérie où il coordonne un projet de six villages agricoles. Son amitié avec J. A. Coderch l’amène à diriger un film sur ce dernier en 1984. En 1988, il remporte un concours à Nîmes ; depuis lors, il a participé à de nombreux concours en France. Emili Donato a obtenu le Premier Prix international à la VIe biennale de Buenos Aires, en 1995.

« un projet d’architecture représente à la fois une pensée immanente au monde, intervenant ici et maintenant, dans un cadre épistémologique défini par le contexte culturel de l’époque et, parallèlement, une résistance au diktat du changement des goûts et des modes. Il faut donc se méfier du mythe de l’innovation, surtout dans le monde de l’art. C’est pourquoi je suis naturellement enclin à me détourner du flot de l’actualité, pour me concentrer sur ce qui lui survit, avec le temps, grâce à une force plastique universelle, issue aussi bien de l’architecture populaire que de l’architecture savante ».

Andreas Meck

Au stade de la conception, je ne m’attache pas seulement à l’échelle humaine, mais aussi à la pensée dans l’espace qui en découle, tant du point de vue du contexte urbain que de celui de l’agencement intérieur proprement dit. Mon objectif est d’installer mes bâtiments en douceur dans le contexte qui les attend, ce dernier étant considéré dans ses dimensions matérielle et culturelle.
Comment établir l’équilibre entre la structure, les matières, la forme et l’espace, en gardant à l’esprit que le tout est supérieur à la somme des parties ?

Matti Sanaksenaho

Matti Sanaksenaho est un architecte finlandais né en 1966. Il a passé son diplôme d’architecture en 1993 à l’université de technologie d’Helsinki. En 1991 il a ouvert l’agence Sanaksenaho Architects à Helsinki avec Pirjo Sanaksenaho. Il a enseigné à l’école d’architecture danoise d’Aarrhus et à l’université d’Oulu en Finlande, ainsi que dans plusieurs universités en Europe, aux Etats-Unis, au Japon et en Chine.
Matti Sanaksenaho a remporté plusieurs prix dans des concours d’architecture tant finlandais qu’internationaux, et a réalisé plus d’une vingtaine de bâtiments, dont le pavillon finlandais de l’exposition universelle de Séville en 1992 (conçu avec le groupe Monark), le centre étudiant de Vaasa en 1998, la chapelle d’art œcuménique Saint-Henry à Turku en 2005, et le centre de santé pour étudiants à Helsinki en 2010.
Matti Sanaksenaho a participé à de nombreuses expositions nationales et internationales, dont, à trois reprises, la biennale d’architecture de Venise. Il a obtenu avec le groupe Monark le prix national d’architecture de Finlande en 1992, le prix Reima Pietilä en 2001, le prix culturel de l’Eglise en 2005, et le grand prix international d’architecture Barbara Cappochin en 2007.

Mariano Clusellas

J’ai toujours pensé que le Rio de la Plata avait un effet de pondération. Quand on regarde le paysage et la relation entre la plaine sur laquelle la ville de Buenos Aires a été construite et le fleuve, on a une impression d’une grande continuité.
Les grandes étendues d’eau qui relient les deux rives très différentes – l’Argentine et l’Uruguayenne – produisent deux espaces qui s’appartiennent mutuellement. Chacun d’eux garde sa singularité tout en partageant une même culture.
Je crois que l’architecture du Rio de la Plata a créé, tout comme la littérature et les autres arts, un « esprit de transition ». Elle a su tirer profit des conditions climatiques, et, à une autre échelle, a élaboré un système de lieux de caractère divers, qui, mis en relation, permettent une circulation entre intérieurs et extérieurs qui caractérise nos villes. Le patio est un exemple emblématique de ces transitions.

Mariano Clusellas