Stéphane Beel

Stéphane Beel a passé son diplôme d’architecture à l’Institut supérieur d’architecture de Gand avant d’ouvrir sa propre agence au début des années 1980.
L’agence a conçu plusieurs bâtiments publics et privés : le nouveau hall d’accueil de la Maison Rubens (Rubenshuis) à Anvers, le musée Roger Raveel à Machelen-aan-de-Leie, le tribunal de Gand, l’extension du centre culturel De Singel à Anvers, le musée M de Louvain, ainsi que des logements. L’extension, la restauration et la rénovation du Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren a débuté récemment. L’atelier a également réalisé des projets internationaux comme l’agrandissement et la rénovation du Centraal Museum Utrecht, aux Pays-Bas, ou la construction d’un bâtiment commercial à Boulogne-Billancourt.

Hector Fernández Elorza

Penser, dire et faire sont les trois appuis qui assurent l’équilibre de mes doutes et de mes pensées.
Mon expérience m’a conduit à méditer deux principes. Le premier est que la bonne architecture est comme une baguette de pain. Celui qui la visite ou l’habite ne pense pas nécessairement à l’architecte, de même que celui qui savoure une baguette ne pense pas au boulanger. Dans les deux cas le créateur s’efface au profit de l’objet. Le second est que la bonne architecture est enjouée et optimiste. Or la volonté de rendre les gens heureux est trop souvent oubliée au profit de la vanité.

Dans la vie comme dans la pratique de l’architecture, on peut passer son temps à crier, ou l’on peut agir silencieusement.

Hector Fernández Elorza a fait ses études en Espagne, en Allemagne et en Suède où il obtint son doctorat (il y confronte Asplund à Lewerentz), avant d’enseigner à Madrid et à l’étranger. Nombre de ses projets ont été primés à l’occasion de concours internationaux, notamment pour le Centre de documentation architecturale de Madrid. De nombreux prix ont récompensé ses projets et réalisations, dont, récemment, le Roma Prize de l’académie Espagnole de Rome (2009-2010). Il a participé à la biennale de Venise en 2000 et en 2012. Il est également l’auteur de nombreux livres et enseigne toujours à Madrid.
Hector Fernández Elorza a construit notamment à Madrid le laboratoire de chimie et la faculté des sciences génétiques de l’université Alcalá, et le centre d’expositions et de conférences de Madrid.

Josep Llinàs Carmona

Josep Llinas est diplômé de l’Ecole Technique Supérieure d’Architecture de Barcelone en 1969, où il a par ailleurs enseigné de 1970 à 1989. Il a aussi enseigné à l’EPFL de Lausanne et à La Salle School of Architecture, Université Ramon Llull University (Barcelone).

L’œuvre construite de Josep Llinas a fait l’objet de très nombreuses publications (notamment aux éditions Taschen en 1992, El Croquis en 2006). Il a reçu plus de quinze prix, dont, dernièrement, le prix FAD pour la bibliothèque Jaume Fuster.
Josep Linas présentera des projets récents, principalement situés à Barcelone. Ils ont tous en commun une recherche sur l’espace urbain, sur ce vide particulier par lequel le projet parvient à dépasser les contraintes proprement architecturales et résout un problème plus vaste.

Marc Barani

Les paysages du Sud de la France sont communément décrits comme des paysages Méditerranéens.

La mer, le relief, la végétation, la lumière font du rivage un lieu où la nature est première.
L’aridité minérale des monts fait face à la fluidité de la mer et du ciel. Un face à face tendu, radical, épuré.
Bâtir dans ces sites, c’est accepter cette tension et la prendre comme matière première du projet. Une démarche qui conduit naturellement à penser la présence de l’architecture dans la nature.

 

Lahdelma & Mahlamäki

Dans les projets de Ilmari Lahdelma et Rainer Mahlamäki, le contexte, les bâtiments environnants et la nature guident le travail, de même qu’une très grande attention à l’égard de chaque fonction. Cela vaut autant pour une école, une université, que pour le logement. Du Centre Maritime de Vellamo et au musée de l’histoire des juifs Polonais, l’œuvre de cette agence finnoise confronte la tradition nordique aux enjeux culturels du « village global ».

Philippe Vignaud

Discriminée à outrance, la ville constitue aujourd’hui sous toutes ses formes, l’établissement humain majoritaire sur l’ensemble de la planète.
Si l’Occident a déjà accompli son regroupement urbain à 80%, le sud et l’est courent à toutes enjambées vers l’accomplissement de notre modèle.
C’est donc dans ce nouveau biotope au sein d’une planète devenue toute petite et exsangue de ses ressources non renouvelables que vit l’humanité ; le troisième millénaire se construit ici et dès maintenant. L’homme devra y faire société et ce projet sera civilisationnel en contournement de toutes les barbaries.

En un demi-siècle, en Europe et particulièrement en France, la ville a connu des métamorphoses considérables dans son extension, sa forme et son renouvellement. Guidé par une pensée sectorielle, l’homme du XXème siècle a juxtaposé dans l’ignorance aveugle de son environnement les fonctions humaines et urbaines, épuisant sans retenue les ressources naturelles, spatiales, énergétiques, abusant de la faune et de la flore, rejetant sans frein toutes sortes de déchets dans le sol, les océans et les airs. Autiste, il a tenté de soumettre l’histoire et la géographie a ses projets fous.

Le pré requis de notre volonté de développer une société solidaire et durable étant posé, c’est dans ce large contexte que la politique de la ville doit se dissoudre dans une vision qui unit dans la même volonté d’aménagement des territoires, l’Etat stratège et les régions d’une part, les agglomérations et les villes d’autre part. Cette double action requière une triple prise de conscience :

– Au cœur de ce monde, l’économie -aujourd’hui devenue volatile- façonne de plus en plus vite les territoires et les villes, avec pour moteur spontané et résultat constant, la discrimination.

– Contrairement à ce qu’en a pensé un Premier Ministre, il n’est pas vrai de dire que l’Etat ne peut rien; s’il est capable de mesures néfastes, on peut aussi en espérer le meilleur.

– Si la modernité a créé la pensée sectorielle –et vis & versa-, il nous faut aujourd’hui déspécialiser les savoir-faire et façonner une pensée complexe* de nature à nous permettre de comprendre le monde et les villes d’aujourd’hui et de projeter leur avenir. C’est ainsi que, y compris dans une période de resserrement drastique des finances publiques, il existe un chemin volontariste, à rebours du défaitisme libéral ambiant : « Une autre ville est possible ! »

*Emprunté à Edgar Morin

Svein Lund et Einar Hagem

Créée en 1984, l’agence Lund Hagem est dirigée par quatre associés : Svein Lund, Einar Hagem, Mette Røsbekk et Per Suul (depuis 2005). Les projets de Lund Hagem Arkitekter visent à construire une modernité intemporelle fondée sur une interprétation de la géographie et des formes traditionnelles, et ce, à travers des réalisations d’échelles variées : maisons individuelles, crèches, maisons de retraites, hôpitaux, églises, écoles, restructurations urbaines. L’agence a remporté le prix Statens Byggeskikkpris (consacré à la formation, au renouvellement et au développement des formes bâties) en 1987, 1994 et 2000. Elle a également reçu le prix Murverksprisen en 1993.

O’Donnell+Tuomey

Depuis sa création en 1988, l’agence O’Donnell+Tuomey a réalisé nombre d’équipements culturels, d’écoles, de logements collectifs, de maisons, mais aussi de projets urbains en Irlande, aux Pays-Bas et au Royaume-Uni. Sheila O’Donnell et John Tuomey ont participé au Goup 91 pour la restructuration du quartier Temple Bar de Dublin, où ils ont construit l’Institut du film irlandais, les Archives nationales de la photographie et la galerie de photographie. Parmi les nombreuses réalisations récentes, on peut citer le Théâtre-Lyrique de Belfast (2011), le Culturlann (Derry, 2009) et la Cherry Orchard School (Dublin, 2006, lauréat du Prix européen du RIBA). L’agence travaille actuellement sur le nouveau centre des étudiants de London School of Economics (livraison prévue en 2013).
Lauréats de plus de cinquante prix nationaux et internationaux, ils ont reçu sept fois la médaille AAI Downes, ont été quatre fois finalistes du Prix européen Mies Van Der Rohe, et ont reçu la médaille d’or du RAI (Royal Institute of the Architects of Ireland).

Mahendra Raj

Mahendra Raj a commencé sa carrière d’ingénieur en 1952, au service du gouvernement du Pendjab, quand il conçoit les structures de la Haute Cour de Chandigarh, puis du Secrétariat ; son travail avec Le Corbusier, d’abord conflictuel, puis pacifié, a permis de concilier la logique des formes architecturales – les colonnes, les toits en porte-à-faux, les brise-soleil, les rampes suspendues – et celle de la structure.
Il rejoint ensuite le bureau Ammann & Whitney à New York et travaille notamment sur des projets de Harrison & Abramovitz, Eero Saarinen ou Kevin Roche. De retour en Inde, il s’installe à son compte en 1960. C’est à cette époque que de jeunes architectes comme B.V. Doshi, Charles Correa, A.P. Kanvinde, Raj Rewal, Kuldip Singh reviennent en Inde après leurs études à l’étranger : autant d’architectes avec lesquels il travaille, au service des projets qui fondent la modernité en Inde.
En 1962, il est l’ingénieur du projet de l’Institut de gestion d’Ahmedabad pour Louis Kahn. C’est à cette occasion qu’il résoudra le conflit entre le souhait de Kahn de travailler la brique et les grandes portées qu’exige le programme.
Soixante ans après, son aventure professionnelle continue avec la jeune génération des architectes indiens : Stéphane Paumier, Deb Guha, son fils Rohit et sa belle-fille Vandini.
La relation entre structure et architecture est à la fois étroite et énigmatique ; après des moments de frustration, elle offre aussi l’exaltation que procurent les réalisations, une fois examinée la multiplicité des solutions possibles. Elle aide à abandonner tout a priori dans le travail de la forme : dans le travail de Mahendra Raj, la construction de la forme participe du projet architectural.

Manuel et Francisco de Aires Mateus

Ils ont enseigné à Harvard en 2002 et en 2005. ils enseignent depuis 2001 à l’Académie d’Architecture de Mendrisio et à l’Université autonome de Lisbonne depuis 1998.
Au cours des dernières années, ils ont remporté de nombreux prix, notamment le premier prix AIT-Award de 2012 pour le centre d’appels de Santo Tirso (Portugal), le Brick Award du Bâtiment résidentiel pour leur maison pour personnes âgées à Alcácer do Sal (Portugal), le « Prix international architectures de pierre » pour le Centre de recherche Laguna Furnas (Açores), le Premis Fad pour les « installations temporaires » pour le pavillon WeltLiteratur (Barcelone). Ils ont par ailleurs reçu le Prix RS de 2004 pour leur maison à Azeitão.

Manuel et Francisco de Aires Mateus ont exposé leurs travaux à la Biennale de Venise de 2010, au Royal Institute of British Architects et à l’ETHZ (Zurich), en 2007.