■ CAB Architectes 

S’installer

À Nice la mer est une abstraction. Dans ce territoire en pente, face à elle, la question de la vue est une permanence. La mer ne fait qu’un avec la lumière qui vient du sud. Elle est une matière qui modifie la perception et crée le contre-jour. Dans la recherche d’archétypes, nous avons exploré des dispositifs qui apportent la fraicheur tout en préservant la vue. Pour mettre en place la vue il faut choisir comment on va s’installer. L’installation est un moment clé du projet car elle conditionne la suite. La notion d’hospitalité se réfléchit par l’installation. On construit toujours des lieux pour accueillir des gens. La figure du cloitre répond à cette à cette attention. Elle offre un dedans intime et des vues vers le paysage.

Nous sommes partis vers un autre territoire, une lumière, plus douce et un autre sol, plus calme. En partant, nous sommes quand même restés car nous avons gardé les parfums et les images qui nous avaient bercé, paysages et infrastructures, végétation rare ou luxuriante, roches calcaires souvent veinées de rouge argileux. Passant de la masse à l’ossature maigre, de l’empilement au réticulé, nous transportons un bagage, archaïque et contemporain à la fois, qui enrichit notre aventure commune.

CAB Architectes – Jean-Patrice CALORI, Bita AZIMI, Marc BOTINEAU

Créée en 2002 à Nice et à Paris depuis 2013, l’agence explore des territoires et des sols essentiellement au travers de projets d’équipements publics et de logements sociaux. Par la pratique et l’enseignement, CAB expérimente et approfondit les relations entre structure et paysage, entre contexte et syntaxe architecturale.

 

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Conception de l’affiche : Coralie Milière – Studio Silex

 

■ Virginie Brégal et Bruno Gaudin

Édifices Publics – Bâtir des pièces, penser contexte.

Nous sommes convaincus que le projet prend sens par les ressources qu’il puise dans un site, une géographie, un tissu urbain, une rue… S’accrocher à quelque chose, lire une situation, permet d’échapper à la tyrannie de la normalisation, comme de sa propre usure. Aujourd’hui, allant vers cette même nécessité d’attention au monde qui nous entoure, la conscience se fait jour, à nouveau, qu’il faut faire bon usage des bâtiments dont on hérite.

Simultanément, dans le même mouvement, c’est au-dedans que se joue l’essence du projet d’architecture. Il nous faut bâtir de belles pièces par leurs géométries, le juste placement des éléments qui les composent et, par-dessus tout, par le jeu exaltant de la lumière. Il faut dessiner par l’intérieur le corps de l’architecture, offrir la possibilité d’être quelque part, et non dans un espace générique. On pense alors à quelques peintres qui nous invitent à merveilleusement habiter des intérieurs et stimulent notre imaginaire. Ils sont une incitation à prendre le crayon et dessiner, encore et encore, pour explorer les possibles.

Comme bien des architectes nous cherchons donc à conjuguer ces forces pour tisser l’unité d’un édifice, équilibrer les contradictions inhérentes au projet, pour reprendre un mot lumineux de Robert Venturi parlant d’Alvar Aalto.

Bruno Gaudin a été associé avec Henri Gaudin et réalisé avec lui notamment le stade Charlety et le musée Guimet. À la fin des années 90, il fonde son atelier avec Virginie Brégal et, parallèlement, enseigne à l’ENSPLV. Les projets réalisés portent sur des programmes très différents, depuis des ouvrages d’art jusqu’au dessin de mobiliers. Mais la plus importante partie du travail a été consacrée au dessin d’édifices publics. Les restructurations de différents types de bâtiments ont pris une place importante au fil des années.

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Conception de l’affiche : Coralie Milière – Studio Silex

 

■ Table ronde et Débat

À l’occasion de la parution de Ricardo Bofill, les années françaises aux éditions Norma, Dominique Serrell et Michèle Champenois viendront présenter le livre et débattront avec François Chaslin et Jean-Pierre Duport.

« Reconnu en Europe comme un créateur d’avant-garde dès les années 1970, l’architecte catalan Ricardo Bofill fut appelé sur la scène française à la suite de la destruction des Halles de Baltard, au centre de la capitale, en 1971. Invité à concourir en 1974, l’architecte proposait de renouer avec les formes historiques de l’urbanisme parisien. Au coeur d’une rivalité politique, il fut écarté en octobre 1978, après plus de trois ans de projets, par Jacques Chirac, premier maire élu de Paris, qui se déclara alors « l’architecte en chef des Halles ».

Bofill et le Taller de Arquitectura joueront néanmoins un rôle de premier plan dans l’élaboration des villes nouvelles en France, de 1972 à 1985, avec des projets aussi marquants que controversés : Abraxas à Marne-la-Vallée, le Lac à Saint-Quentin-en-Yvelines, ou encore le quartier Antigone au centre de Montpellier. Véritable journal de bord, largement illustré, cet ouvrage décrit les relations étroites entre l’architecture et la politique sous les présidences de Valéry Giscard d’Estaing et de François Mitterrand, et constitue un dossier inédit sur les Halles, un chantier emblématique, couvert par une clause de confidentialité jusqu’au décès de l’architecte, en 2022. À travers les archives du Taller et les récits de témoins de l’époque, parmi lesquels Jack Lang, Jean-Jacques Aillagon, Paul Chemetov, Roland Castro, Michèle Champenois et Antoine Grumbach, l’autrice décrit la prodigieuse ascension de Bofill au rang de superstar, ainsi que l’importance de l’architecture, alors au centre du débat public. »

■ Donaghy + Dimond

Habiter les seuils

Nos bâtiments sont à la fois robustes et sensuels, fruits d’un jeu libre, associant des matériaux différents, peu coûteux et commodes. D’un projet à l’autre, nous avons tissé des liens entre les idées, les modèles, les contraintes du chantier et celles de l’écologie. Un bricolage savant caractérise l’œuvre de notre agence fondée à Dublin en 2001. Nous composons en associant librement des matériaux, des cultures locales et d’autres venues d’ailleurs, nous explorons comment les matériaux absorbent la lumière, recueillent la chaleur, reflètent le son, tempèrent l’air autour de nous, et leur cycle de vie.

Nous considérons l’enveloppe du bâtiment non pas comme frontière mince, mais comme un champ élargi, fait de microclimats et d’écotones imbriqués, où chaque partie abrite, expose ou relie une autre, notamment entre le jardin et la cheminée, ou entre la la porte d’une école et une salle de classe surplombant la cime des arbres. À nos yeux, la dimension constructive implique davantage qu’une enveloppe autour d’un structure : il s’agit d’organiser des bords habitables, reliant les pièces et le sol, les rues et les jardins, enveloppant le quotidien dans la profondeur même des espaces. C’est dans cet esprit que nous nous intéressons également au paysage : qu’il soit hérité, emprunté, construit, régénéré, il permet de situer un projet dans l’espace et dans le temps.

Conception de l’affiche : Studio Silex – Coralie Milière

■ Jean et Aline Harari

Types, Formes, Contexte – l’habitation au cœur de l’architecture

Depuis le milieu des années 80, notre travail se partage entre équipements publics et logements sociaux. La question de l’habitation étant au cœur de notre réflexion et de notre action, nous parlerons de son actualité, des difficultés rencontrées, de la continuité de notre démarche et de notre méthode.
Nous nous situons loin des effets de mode, des images saisissantes, des engouements et des gesticulations dépourvues de sens.

Notre recherche porte sur l’héritage historique et la longue durée de l’architecture, l’actualisation des types, leurs rapports problématiques aux formes urbaines, les contextes chaque fois différents dans lesquels ils adviennent.

Nos efforts convergent aussi pour valoriser le logement social, afin qu’il reconquiert toute sa dignité et démontre sa supériorité sur les divers produits promotionnels qui tendent à faire de ce pays un illusoire paradis de propriétaires. À cet égard nous reviendrons sur la dimension constructive de l’architecture, gage de sa pérennité et de ses valeurs d’usage.

Notre engagement se reconnaît dans un propos d’Adolf Loos, qui reste à méditer : « L’artiste n’est responsable envers personne. L’architecte est responsable envers tout le monde. L’architecture ne serait pas un art ? Oui, c’est ainsi. Il n’y a qu’une faible partie du travail de l’architecte qui soit du domaine des Beaux-Arts : le tombeau et le monument commémoratif. Tout le reste, tout ce qui est utile, tout ce qui répond à un besoin, doit être retranché de l’art ».

Conception de l’affiche : Studio Silex – Coralie Milière

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Architectes diplômés d’UP6 en 1979, Aline et Jean Harari ouvrent leur agence en 1986, après avoir collaboré avec Patrick Bouchain à partir de 1981. De 1989 à 1997 Jean Harari est directeur des études de l’Atelier Public d’Architecture et d’Urbanisme de Blois où il réalise l’antenne universitaire François Rabelais et la Bibliothèque Abbé Grégoire (labélisée Patrimoine du XXe siècle en 2017). De 1997 à 2017, il enseigne le projet urbain à l’ENSAPLV. Au cours de cette période, Aline Harari poursuit l’activité de leur agence à Paris. À ce jour, ils ont conçu et conduit une quarantaine d’opérations, dont une quinzaine d’équipements publics.

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■ Jean-Marc Weil

Qu’est devenue « l’idée constructive » de Jean Prouvé ?

Près de 40 ans ont passé depuis la mort de Jean Prouvé, au cours desquels les conditions du projet architectural ont profondément évolué. Pourtant, ses réflexions sur le sens architectural de la solution technique – qui s’inscrivent dans la tradition des Modernes – restent d’une grande actualité, bien que le problème des choix constructifs se soit profondément élargi depuis l’arrivée de nouveaux paramètres. En m’appuyant sur l’œuvre et les cours de Prouvé au Conservatoire National des Arts et Métiers, je proposerai ici une relecture de ce qu’il appelait la quête de « l’idée constructive », et l’illustrerai avec des projets récents.

Conception de l’affiche : Studio Silex – Coralie Milière

■ Drew Heath

 

Tout en détails

Diplômé de l’Université de Tasmanie en 1993, Drew Heath a travaillé pour Sam Marshall jusqu’à la fondation de l’agence Drew Heath Architects à Sydney en 1996. Il a reçu depuis lors de très nombreux prix pour ses réalisations, notamment les maisons Cypress, Tir na nog et Nikki Maloneys.

■ Giacomo Guidotti

Fragments de ville

« Quand tu construis un chemin, une étable, une maison, un quartier, pense toujours à la ville. » Affirmait Luigi Snozzi. Mais quelle ville peut-on imaginer ? Le Tessin d’aujourd’hui apparaît comme une vaste conurbation. Les bourgs traditionnels de Bellinzone ne croissent plus de manière concentrique, comme c’était le cas autrefois. Les limites entre bâti et non bâti s’estompent, et l’idée même de continuité urbaine est devenue obsolète dans ce territoire qui ne ressemble ni à la ville ni à la campagne.

Après s’être étendue sur la quasi-totalité du territoire disponible, et avoir rejoint la métropole lombarde au point d’en être presque devenue un quartier, la cité tessinoise se développe aujourd’hui en dedans. Les terrains libres sont occupés par de nouvelles installations, sans le moindre souci d’ordre ou de continuité. Les nouveaux bâtiments peinent à prendre place aux côtés de leurs aînés, dans les vieux centres, les zones artisanales ou agricoles.

Né en 1972, Giacomo Guidotti est diplômé de l’EPFL en 1997 avec le Professeur Patrick Berger. La même année, il fonde avec Riccarda Guidotti l’agence Guidotti Architetti, située à Monte Carasso, qui a reçu plusieurs prix et distinctions, et a participé à plusieurs expositions personnelles et collectives, en Suisse comme à l’étranger.

Giacomo Guidotti a été professeur invite à l’UCL, au séminaire international d’architecture WAVE organisé par l’IUAV, et enseigne actuellement à l’Académie d’Architecture de Mendrisio ainsi qu’à la Haute Ecole d’Ingénierie et d’Architecture de Fribourg. Il intervient également au séminaire international d’architecture de Monte Carasso fondé par Luigi Snozzi.

 

Plus d’information : Site de Giacomo Guidotti

 

 

 

■ CITA architectes

Habiter : Offrir des lieux pour tisser des liens

La mixité sociale, vœu pieux de nombreuses politiques, ne s’impose pas. Une alternative pour y parvenir consiste plutôt à proposer de la mixité spatiale.

C’est là l’une de nos préoccupations majeures : offrir des lieux pour tisser des liens afin d’assurer le vivre ensemble. Il s’agit alors d’éviter toute réponse spectaculaire, pour favoriser une attention particulière, bienveillante et sensible, au contexte, au déjà là, avec ses contraintes et ses potentialités, et exploiter délicatement les possibilités qu’offre tout projet d’architecture, en l’inscrivant avec justesse dans le paysage.

Il s’agit de répondre aux attentes et aux usages, d’offrir des références, d’ouvrir au partage tout en préservant les intimités, mais aussi de proposer des typologies contemporaines, en gardant à l’esprit la question cruciale de leur adaptation à l’évolution des codes et des modes d’habiter. Nous sommes attachés, enfin, à garantir à tous une urbanité forte, au sens citoyen de ce terme la politesse que donne l’usage du monde.

Depuis 1991, Olivier de Boismenu, Jean-Luc Boursignon, Denis Cronier, Pascal Lefebvre, Léo Legendre, Lucas Meister et Jean-Michel Veillerot constituent le groupe CITA Architectes dont la réflexion est orientée principalement autour de la question du projet d’habitat collectif et de son insertion dans la ville.

Plus d’information : Site de CITA Architectes

 

 

 

 

 

 

 

 

  ©CITA architectes

■ Laurent Tournié

Commencer Re Commencer

Je ne suis inspiré que par les choses de l’espace.
Au commencement, il faut une rencontre entre des fragments de réalité (site, client, budgets, délais) et un désir d’espaces. Le projet est le chemin qui transforme cette rencontre en une nouvelle réalité, c’est à dire de nouvelles lumières, que l’autre va habiter. Ne sachant dissocier le quoi du comment, je ne peux projeter que ce que je pense pouvoir bâtir. Commençant le projet, on en ignore tout. Puis, grâce à l’activité critique, on apprend à le connaître. Cela nécessite quelques bases théoriques, un peu de méthode et beaucoup d’intuition. On peut donc se tromper : combien de critiques savantes sur de fausses bonnes pistes ?
Parfois on fait de bons projets, parfois on les bâtit.
Bâtir, même peu mais bâtir.
Devenir un architecte.
Je voudrais bâtir des voûtes dont les surfaces transportent les lumières d’un espace sans contre jour. Je voudrais bâtir des espaces de silence que les laideurs de la ville contemporaine ne pourraient jamais atteindre. Je voudrais bâtir des logis suffisamment grands pour y permettre toutes sortes d’actions, avec de généreux espaces extérieurs protégés du soleil et de la pluie. Je voudrais bâtir dans un paysage merveilleux une maison cylindrique en pierres avec une seule baie. Je voudrais systématiquement bâtir avec des matériaux pérennes. Je voudrais bâtir avec des hommes et des femmes réveillés.
Au couvent de La Tourette, j’avais du tout recommencer. Si vite, si lentement. Toute école devrait n’être que cela : une trêve joyeuse.
Sans recommencement, pas de commencement.

Né en 1960, Laurent Tournié a fait ses études à l’école d’architecture de Toulouse et à Paris-Belleville, avec pour maîtres Henri Ciriani et Christian Devillers.
Lauréat de la bourse Delano and Aldrich/Emerson – AIA en 1989, et des Albums de la Jeune architecture 1990 (au sein de l’Atelier Philtre), il a fondé en 1998 l’Atelier d’Architecture Laurent Tournié – AALT sarl,
Parallèlement à sa pratique professionnelle, Laurent Tournié a enseigné le projet dans plusieurs établissements, dont l’ENSA de Montpellier, l’ENSA de Marseille, l’école de Louvain-La-Neuve, et l’ENSA de Toulouse où il est maître de conférence depuis 2002

Plus d’information : Site de l’Atelier D’architecture de Laurent Tournié